Le renversement du gouvernement de Michel Barnier a plongé la France dans une incertitude politique et économique préoccupante. L’agence de notation Fitch alerte sur les conséquences pour la gestion des finances publiques et abaisse ses prévisions de croissance à moyen terme.
Une gouvernance paralysée face aux enjeux budgétaires
L’instabilité politique en France, marquée par le renversement du gouvernement de Michel Barnier, suscite des craintes grandissantes quant à l’avenir des finances publiques. L’agence de notation américaine Fitch, tout en maintenant la note de la France à AA-, rappelle que celle-ci reste assortie d’une perspective négative depuis octobre. Cette situation, selon Fitch, reflète les faiblesses budgétaires de la France comparées à celles de ses voisins européens et les risques accrus liés à une fragmentation politique paralysante.
Dans un communiqué publié vendredi dernier, Fitch souligne que la démission de Michel Barnier, consécutive à la censure parlementaire, a gelé l’examen du projet de loi de finances pour 2025. Une situation qui complique la gestion de l’État en l’absence d’un budget voté avant le 1er janvier. Le Président Emmanuel Macron a annoncé le dépôt d’une loi spéciale avant la mi-décembre pour contourner l’impasse, mais Fitch avertit que cette solution pourrait devenir un levier d’opportunisme politique pour les partis.
La France est confrontée à des défis économiques majeurs : un déficit public prévu à plus de 6 % du PIB pour 2023, le plus élevé de l’Union européenne après la Roumanie, et une dette publique qui pourrait atteindre 118,5 % du PIB d’ici 2028. Dans ce contexte, l’objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2025 semble hors d’atteinte, estime Fitch. La fragmentation de l’Assemblée nationale complique tout compromis sur une consolidation budgétaire pourtant essentielle pour respecter les règles européennes.
Pour Fitch, des objectifs budgétaires hors de portée
Malgré ces turbulences, Fitch souligne que la France ne fait pas face à des difficultés immédiates de refinancement sur les marchés obligataires internationaux. Cependant, l’agence alerte sur les risques à long terme : des coûts d’emprunt en hausse constante aggraveraient les efforts nécessaires pour assainir les finances publiques.
En parallèle, l’agence a abaissé ses prévisions de croissance pour 2025, les ramenant à 0,9 % contre 1,2 % précédemment. Cette révision reflète l’impact potentiel des blocages politiques sur les réformes économiques et fiscales.
Le renversement du gouvernement de Michel Barnier marque un tournant préoccupant pour la France. Les incertitudes politiques pourraient fragiliser davantage la crédibilité budgétaire du pays, déjà mise à mal par des performances économiques inférieures aux attentes. Avec une dette publique galopante et des perspectives de croissance revues à la baisse, l’urgence d’une gouvernance stable et d’une stratégie budgétaire claire se fait de plus en plus pressante.


