Locataires, préparez-vous : une nouvelle dépense obligatoire arrive bientôt

La revalorisation des honoraires de location en 2026 pourrait bouleverser le paysage immobilier français.

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Locataires, préparez-vous : une nouvelle dépense obligatoire arrive bientôt | journaldeleconomie.fr

La revalorisation des honoraires de location, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, annonce un changement important dans l’immobilier en France. Après plus de dix ans sans modification, cette mesure vise à ajuster les plafonds des frais d’agence payés par les locataires en fonction de l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL). Cette décision intervient alors que le secteur immobilier et locatif traverse une période compliquée, affectant aussi bien les professionnels que les particuliers.

Un gel qui dure depuis 2014

Les plafonds actuels, mis en place par la loi Alur en 2014, n’ont pas évolué depuis. À l’heure actuelle, les frais d’agence sont limités entre 8 euros et 12 euros par mètre carré, selon que le logement se trouve dans une zone tendue ou non. Pour l’état des lieux, les honoraires ne peuvent pas dépasser 3 euros par mètre carré. Même si la loi prévoit une révision annuelle de ces plafonds chaque 1er janvier, aucun arrêté ministériel n’a été publié depuis plus de dix ans pour officialiser cette mise à jour.

Face à ce blocage, les professionnels du secteur ont déjà porté l’affaire en justice à deux reprises, mais sans succès auprès du Conseil d’État. Alain Duffoux, président du SNPI, rappelle qu’« il faut changer la loi pour qu’on puisse réviser automatiquement chaque année ces plafonds d’honoraires », illustrant ainsi le besoin d’une réforme législative.

Une situation complexe sur le marché immobilier et locatif

Le marché immobilier connaît aujourd’hui une période difficile, avec une baisse des transactions immobilières de 34 % en seulement deux ans. Parallèlement, les défaillances d’agences ont grimpé de 122 % sur la même période. Ces chiffres montrent bien que le secteur rencontre de nombreux défis, d’autant plus que les taux d’emprunt ne reculent pas aussi vite que prévu.

Du côté de la location, la vie n’est pas plus facile. Les futurs locataires peinent à dénicher un logement disponible et se retrouvent souvent à recourir aux agences immobilières pour faciliter leur recherche. Mais cela signifie aussi qu’ils doivent payer des frais d’intermédiation, une charge financière supplémentaire.

Des conséquences pour locataires et bailleurs

La revalorisation des honoraires annoncée pourrait bien modifier la donne pour les locataires et les propriétaires. En effet, même si les frais d’agence sont partagés, les locataires sont protégés par un plafond réglementé. Pour compenser un éventuel retard de mise à jour de ces plafonds, certaines agences pourraient être tentées d’augmenter leurs honoraires demandés aux propriétaires.

Du côté des bailleurs, la situation se complique encore avec plusieurs contraintes, comme l’encadrement des loyers, l’obligation de réaliser des travaux d’amélioration énergétique pour les logements énergivores, ou encore la hausse de la taxe foncière. Danielle Dubrac, présidente de l’Unis, constate que « les bailleurs supportent déjà beaucoup de contraintes », ce qui rend toute hausse des charges particulièrement délicate.

Regards tournés vers l’avenir et réactions

Les nouveaux plafonds seront fixés en octobre 2025 et entreront en vigueur début 2026. Pour les établir, on tiendra compte de l’évolution de l’IRL entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. En attendant, le débat reste ouvert sur les solutions à mettre en place pour stabiliser et redynamiser ce secteur.

Alain Duffoux se dit satisfait de cette avancée, comme le cite Challenges : « On est ravis d’avoir enfin été écoutés, après des années de bataille ». Il insiste toutefois sur la nécessité d’une réforme législative pour permettre une révision automatique chaque année des plafonds, évitant ainsi de rester bloqués dans la même situation.

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