Marché immobilier 2025 : un rebond réel, mais très localisé

L’étude PAP révèle une reprise du marché immobilier très contrastée. Les chiffres des notaires confirment cette recomposition par territoires.

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La demande d'achat immobilier repart dans de nombreuses métropoles, mais les écarts restent marqués entre territoires. | journaldeleconomie.fr

La reprise immobilière se confirme en 2025 : selon l’étude publiée le 20 novembre par le site Particulier à Particulier (PAP), le nombre d’acheteurs progresse nettement, mais avec de fortes disparités entre les villes. Les données éparses collectées cette année dessinent un marché qui redémarre, mais selon des dynamiques locales très contrastées.

Immobilier : Un retour massif des acheteurs… mais concentré dans certaines grandes villes

Selon les données de l’étude de PAP publiée le 20 novembre dernier, le nombre d’acheteurs immobiliers progresse de 11,3% au niveau national, signe d’un retour réel de la demande. Mais cette hausse globale masque des contrastes spectaculaires.

Plusieurs métropoles se distinguent. Nantes enregistre une progression de +19,5% du nombre d’acheteurs. Montpellier suit avec +17,1%, et Marseille atteint +14,4%. Dans ces villes, la baisse des prix engagée depuis 2022 et la stabilisation du crédit ont permis aux ménages de revenir sur des projets repoussés. Franceinfo, qui relaie l’étude, insiste sur le fait que ces hausses sont inédites depuis près de deux ans.

Ce redémarrage s’explique par un alignement favorable :

  • des prix corrigés après deux années de tension,
  • des taux plus prévisibles,
  • et une demande latente qui n’attendait qu’un signal pour se réactiver.

Le rebond n’est pas seulement statistique : il s’observe dans les compromis signés, les visites, et l’écart en baisse entre prix affichés et prix réellement négociés.

L’autre moitié du marché reste freinée par les prix et les taux

La même étude de PAP montre cependant que la reprise n’a rien de linéaire. Dans plusieurs grandes villes, le nombre d’acheteurs continue de diminuer. Lyon recule de –5,6%, Bordeaux de –2,4%.

Ces baisses traduisent une réalité simple : là où les prix n’ont pas suffisamment corrigé — ou restent trop déconnectés des revenus —, les acheteurs ne reviennent pas. Les vendeurs y ont encore du mal à ajuster leurs prix, ce qui maintient un décalage entre offre et capacité de financement.

Cette inertie crée un blocage psychologique autant qu’économique. Les ménages hésitent à se positionner, craignant de payer trop cher ou d’être limités par les mensualités. Dans ces territoires, la reprise est donc repoussée à plus tard, le temps que les prix rejoignent un niveau jugé acceptable.

Les données des notaires éclairent cette mosaïque territoriale

Les chiffres publiés fin octobre 2025 par Notaires de France confirment l’existence d’un marché découpé en segments distincts. En France métropolitaine, les prix des logements anciens évoluent très peu : +0,4% pour les appartements+0,2% pour les maisons sur un an. Une hausse légère, compatible avec les villes en reprise.

L’Île-de-France, en revanche, suit une autre trajectoire. Les notaires indiquent une diminution des prix des maisons de –0,8%, tandis que les appartements se contentent d’une progression marginale (+0,1%). Cela reflète un marché encore en phase d’ajustement, confronté à une demande hésitante et à une offre plus abondante qu’il y a deux ans.

Les volumes, eux, évoluent plus clairement. Les notaires franciliens annoncent +13% de ventes en un an et +11% sur douze mois, preuve que les acheteurs reviennent malgré un niveau de prix qui doit encore se réajuster dans plusieurs segments.

Cette progression des transactions vient surtout des biens situés dans la frange intermédiaire du marché : ni les plus chers, ni les biens très dégradés, mais ceux jugés « au bon prix » après plusieurs trimestres de correction.

Une stabilisation des taux qui soutient la reprise… dans certaines zones seulement

La question du financement reste incontournable. France Bleu rappelle que le nombre de candidats à l’achat augmente, mais que les banques continuent d’appliquer des critères stricts. La stabilisation des taux a certes réouvert une fenêtre d’opportunité, mais elle ne suffit pas à rétablir une fluidité complète.

Les profils les plus fragiles — primo-accédants, ménages sans épargne suffisante — restent exposés aux refus de prêt. Cette sélectivité explique pourquoi certaines grandes villes chères ne profitent pas pleinement de la reprise : un prix élevé associé à des taux encore supérieurs à 3% limite automatiquement le nombre de dossiers finançables.

Le Figaro Immobilier souligne d’ailleurs que la reprise actuelle reste encore « trop fragile » pour garantir un retournement durable. La dynamique observée cette année repose sur un équilibre provisoire : prix ajustés d’un côté, crédit stabilisé de l’autre. Il suffirait d’une remontée de taux ou d’un choc économique pour que certaines zones retombent en panne.

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