Le Plan Épargne Retraite (PER), produit financier très populaire pour préparer la retraite, traverse un tournant. Adopté alors que les politiques fiscales évoluent, le projet de loi de finances pour 2026 propose des mesures qui font débat en France. En contradiction apparente avec la volonté affichée du gouvernement de promouvoir la retraite par capitalisation, ce texte prévoit des changements fiscaux et sociaux qui touchent directement les 12,7 millions de titulaires de PER dans l’Hexagone.
Ce qui change côté fiscal
Parmi les mesures votées, on trouve l’augmentation de la hausse de la Contribution Sociale Généralisée sur certains produits d’épargne, le PER en tête. Depuis le 1er janvier 2026, le taux de la CSG est passé de 9,2 % à 10,6 %, et atteindra 11,2 % en 2027, rapporte Le Journal du Net. Ces hausses successives porteront le taux global des prélèvements sociaux à 19,4 % d’ici 2027, ce qui affectera les revenus nets des épargnants lorsqu’ils récupéreront leur épargne.
Cette hausse concerne directement la plus-value du PER et les rentes mensuelles, avec un taux de 18,6 % appliqué en 2026.
Autre point contesté : la suppression partielle de la déductibilité fiscale des versements effectués par les détenteurs de PER âgés de plus de 70 ans. Ce bénéfice fiscal, longtemps perçu comme un atout du PER, perd de son sens pour cette tranche d’âge. Résultat : l’incitation à alimenter son PER après 70 ans est fortement remise en question, notamment pour les retraités à hauts revenus et certaines professions libérales encore en activité.
Ce que ça change pour les épargnants
Ces mesures auront des impact sur les épargnants concrets pour les détenteurs de PER. L’augmentation des prélèvements sociaux réduit le rendement net de ce produit d’épargne. Pour les plus de 70 ans, l’impossibilité de déduire leurs versements du revenu imposable peut entraîner une hausse de leur impôt sur le revenu, ce qui diminue l’intérêt de continuer à alimenter un PER.
Emmanuel Hardy, conseiller en gestion de patrimoine, le résume ainsi : « À partir de là, ça ne sert plus à rien d’alimenter son PER », soulignant le désintérêt grandissant pour les contributions supplémentaires.
Malgré ces bouleversements, le PER continue d’attirer une population jeune qui veut préparer l’avenir tout en optimisant ses stratégies d’épargne. On compte 15,6 % des 25-34 ans et 20,1 % des 35-44 ans qui choisissent ce produit, confirmant son rôle important dans la stratégie patrimoniale des cadres et des indépendants.




