Le projet de loi de finances pour 2026 introduit une nouvelle taxe sur le liquide des cigarettes électroniques, marquant un tournant pour les vapoteurs. Annoncée le mardi 14 octobre 2025, cette mesure vise à combler un vide fiscal puisque, jusque-là, aucun impôt spécifique n’était appliqué sur ces produits. Prévue pour le printemps 2026, elle pourrait faire grimper le coût du vapotage et suscite déjà de vives réactions tant chez les consommateurs que chez les professionnels du secteur.
Comment ça marche ?
La taxe s’appliquera à chaque flacon de 10 millilitres d’e-liquide, et son montant variera selon le taux de nicotine. Les liquides avec moins de 15 mg de nicotine seront taxés à 0,30 €, tandis que ceux au-delà de ce seuil passeront à 0,50 € par flacon. Aujourd’hui, les prix des e-liquides se situent entre 4 € et 7 €. Pour une consommation moyenne d’environ 60 millilitres par mois, cela représente un surcoût compris entre 1,80 € et 3 € mensuellement.
Dans certaines boutiques parisiennes spécialisées, où un flacon de 10 ml est vendu autour de 5 €, l’augmentation prévue représente environ 10 % du prix actuel. Pour Olivia, une vapoteuse régulière qui consomme 230 ml par mois, cette taxe se traduit par une hausse mensuelle de 6,90 €, ce qu’elle trouve « lamentable », défendant le vapotage comme un « bon produit de substitution ».
Réactions et avis des professionnels
Les avis sont partagés sur cette nouvelle taxe. Stéphane, ancien fumeur devenu vapoteur grâce à l’écart de prix avec la cigarette traditionnelle, préfère voir des incitations financières pour arrêter de fumer plutôt qu’une stratégie gouvernementale immédiate. Gabin, vendeur dans une boutique spécialisée et interrogé par Radio France, déplore le manque d’attention de l’État quant au rôle du vapotage dans la stratégie continue de lutte contre le tabagisme.
En effet, nombreux sont les jeunes qui achètent leurs e-liquides sur des plateformes comme Snapchat, échappant ainsi aux vérifications habituelles. Ces produits, souvent vendus en gros lots à bas prix, sont de qualité médiocre et non surveillés. Gabin précise que son magasin refuse strictement la vente aux mineurs.
Les enjeux économiques et la position du gouvernement
Le gouvernement justifie cette taxe en précisant que les produits du vapotage devraient contribuer au financement des politiques de santé publique, s’inscrivant dans une politique fiscale plus large. Selon leurs estimations, cette mesure pourrait rapporter environ 100 millions d’euros à l’État. Cependant, les représentants du secteur préviennent que l’opération pourrait également générer des frais supplémentaires en santé publique, estimés à 200 millions d’euros, notamment si certains vapoteurs retournent à la cigarette traditionnelle.
Le Fivape, syndicat qui regroupe 3 500 boutiques et environ 20 000 employés du secteur du vapotage, qualifie cette taxe de « cataclysme pour la vape indépendante ». Pour eux, la vape représente l’outil le plus populaire pour aider à arrêter de fumer, et ils déplorent que la loi assimile de façon juridique la vape au tabac.






