La FAA a annoncé mardi le succès d’un essai en conditions réelles d’un taxi volant électrique, qualifiant l’événement d’« étape majeure » vers l’ouverture commerciale de ce type d’appareil dans le ciel américain. Pour la première fois, des engins de la société Beta Technologies ont effectué des vols opérationnels dans le cadre du programme pilote gouvernemental dédié aux véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical, les eVTOL.
Pas de passagers à bord pour ces débuts : les appareils, des modèles baptisés ALIA, ont acheminé des organes manufacturés pour la société United Therapeutics entre plusieurs aéroports du Maryland et de Virginie, sur une distance totale d’environ 275 milles nautiques (509 km).
L’objectif déclaré était d’évaluer la faisabilité et la sécurité du transport d’urgence d’organes destinés à des greffes par ce mode de transport. Le fret médical, à haute valeur et à caractère urgent, permettait de valider les appareils et les règles d’utilisation de l’espace aérien avant d’embarquer des passagers, rapporte BFMTV.
Les vols se sont déroulés en trois étapes. Un premier ALIA a décollé de l’aéroport de Virginia Tech Montgomery Executive, en Virginie, pour atterrir à Charlottesville Albemarle en une trentaine de minutes. La cargaison, placée dans un caisson médical isotherme, a été transférée dans un second appareil à destination de l’aéroport municipal de Frederick, dans le Maryland (environ 45 minutes de vol), avant un dernier tronçon jusqu’à l’aéroport de Martin State, au Maryland, bouclé en une vingtaine de minutes.
Beta Technologies au cœur du programme
Ces vols s’inscrivent dans le cadre de l’eIPP, l’« eVTOL Integration Pilot Program », un programme lancé par décret exécutif de l’administration Trump. En mars 2026, huit projets répartis dans 26 États américains ont été retenus, impliquant quatre entreprises : Beta Technologies, Joby, Archer et Wisk. Beta Technologies est de loin la plus active : elle participe à sept des huit projets sélectionnés. L’entreprise est soutenue financièrement par Amazon.
Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, est devenu à cette occasion la première personne occupant ce poste à voler à bord d’un appareil à décollage vertical de nouvelle génération, sur un engin de Beta Technologies.
Bryan Bedford, administrateur de la FAA, a déclaré dans un communiqué que ces appareils représentaient « un potentiel quasiment illimité », des transports urbains ou ruraux aux missions médicales et de secours.
Certification encore lointaine
Malgré l’enthousiasme des annonces, aucun eVTOL n’a encore été certifié par la FAA, et le régulateur n’a fixé aucun objectif de date pour le lancement commercial de ces engins, tout comme la levée de l’interdiction des vols supersoniques. Beta Technologies prévoit la certification de son ALIA pour 2028, et une version à décollage conventionnel un an plus tôt.
L’infrastructure reste embryonnaire : les vertiports, zones de décollage et d’atterrissage dédiées, n’existent quasiment pas aux États-Unis. Plusieurs concurrents du secteur se sont effondrés ces dernières années, incapables de tenir financièrement sur le long chemin vers l’homologation. Beta Technologies, elle, vole désormais en conditions réelles.



