La révision du Nutri-Score, annoncée depuis plusieurs mois, a pris un tournant décisif le mercredi 12 mars 2025 avec la signature d’un arrêté ministériel validant sa nouvelle version, selon les informations des Echos. Pourtant, cette réforme suscite une vive opposition, notamment de la part du ministère de l’Agriculture et des industriels de l’agroalimentaire.
Un arrêté signé mais une réforme toujours bloquée
Le 12 mars 2025, la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, a signé l’arrêté interministériel validant l’adoption de la nouvelle version du Nutri-Score en France selon les informations des Echos. Ce système de notation nutritionnelle, créé en 2017, est utilisé pour évaluer les aliments en fonction de leur teneur en nutriments bénéfiques et défavorables à la santé. Toutefois, malgré cette signature, la réforme reste suspendue, faute de validation du ministère de l’Agriculture.
Le 6 mars 2025 en effet, lors d’une intervention au Sénat, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, avait annoncé son refus de signer l’arrêté validant le nouveau Nutri-Score. Elle justifiait cette décision par les mauvaises notes attribuées à certains produits du terroir, notamment des fromages AOP et des charcuteries artisanales.
Un nutri-score redouté par les industriels
Le nouveau mode de calcul du Nutri-Score, plus exigeant envers les produits riches en sucres, en sel et en graisses saturées, soulève de fortes inquiétudes chez les industriels de l’agroalimentaire. Cette réforme, destinée à mieux refléter les avancées scientifiques récentes et à améliorer l’information nutritionnelle pour les consommateurs, risque d’affecter la compétitivité de nombreux acteurs du marché. En durcissant les critères d’évaluation, cette nouvelle version pourrait pénaliser des produits transformés populaires, dont certains aliments phares du secteur. Anticipant cet impact commercial, Danone a annoncé la refonte d’environ 150 recettes et le retrait progressif du nutri-score sur ses produits.
Les associations exercent, elles aussi, une pression sur le ministère de l’Agriculture, qu’elles accusent de favoriser les industriels en bloquant la réforme. Ces dernières estiment en effet que la nouvelle version du Nutri-Score est indispensable pour inciter les consommateurs à adopter des choix alimentaires plus sains. Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, ont déjà mis en place ce nouveau barème, la France reste l’un des derniers pays européens à maintenir l’ancien modèle instauré en 2017.


