Emmanuel Macron a traversé Manhattan à grandes enjambées, lundi 21 septembre 2026, pour rejoindre Donald Trump. Le président français a quitté à pied le siège de la représentation française pour rallier la Trump Tower, sur la Cinquième Avenue, avec un objectif précis : tenter de maintenir le président américain aux côtés de l’Ukraine et de ses alliés européens.
Ce trajet dans les rues de Manhattan survenait alors que s’ouvrait l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Un peu plus tôt, le chef de l’État avait échangé au siège de la représentation française avec Shou Zi Chew, le patron de TikTok. Sur le chemin de la Trump Tower, il affichait un air soucieux.
Une rencontre très constructive dans l’appartement du président américain
Selon un participant, Donald Trump a tenu à recevoir Macron dans son appartement plutôt qu’ailleurs. L’entretien, qui s’est tenu en marge du sommet de l’ONU, a duré une demi-heure. Les deux hommes y ont évoqué en privé la situation en mer Rouge et la guerre en Ukraine.
« On a eu une très bonne discussion. Elle a été très constructive, il y avait une grande disponibilité et on a pu entrer dans le détail sur ces deux conflits […] qui ont un impact direct sur le pouvoir d’achat des Français », a déclaré Macron selon BFMTV. Avant la rencontre, il avait annoncé vouloir « débattre en toute franchise » avec Trump pour l’orienter vers les bonnes décisions concernant l’Ukraine.
Plus tôt dans la journée, Trump avait pourtant semblé de nouveau nourrir de la rancœur envers Volodymyr Zelensky, jugé en partie responsable de la flambée des prix du pétrole. Sur Truth Social, le président américain a écrit : « La Russie a malheureusement perdu le contrôle de son industrie diesel du fait de la guerre », qualifiant le conflit de ridicule et sans fin.
Il avait tenu des propos similaires le 13 septembre depuis l’Irish Open, un tournoi de golf disputé en Irlande, réclamant que Zelensky cesse de détruire les installations de production de diesel en Russie.
Macron a néanmoins plaidé pour aider « encore plus vite et plus fort » les Ukrainiens en missiles intercepteurs, et suggéré un moratoire énergétique pour protéger le système électrique ukrainien, sans préciser s’il concernerait aussi les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes. Selon le Financial Times, Trump avait déjà pressé la veille, dimanche 20 septembre, le président ukrainien de cesser ses frappes sur les raffineries russes.
Dans la soirée, Macron s’est entretenu avec Zelensky pour lui soumettre cette proposition. Le président ukrainien, dont l’avis semblait déjà arrêté, a écrit sur X que le secteur énergétique ukrainien, les infrastructures critiques et les exportations alimentaires du pays devaient cesser d’être des cibles pour la Russie, et que cela conduirait à des étapes de désescalade correspondantes de la part de l’Ukraine, ajoutant que des solutions étaient possibles.
Les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans le règlement du conflit et souhaitent être associés aux discussions sur l’architecture de sécurité du continent.
Ormuz et mer Rouge, deux fronts pour faire baisser les prix du pétrole
Emmanuel Macron a aussi présenté à Donald Trump des propositions pour agir sur les prix du baril. Il défend une résolution à l’ONU visant à débloquer le détroit d’Ormuz, de facto fermé depuis le début de la guerre en Iran, par lequel transitent habituellement 20 % du trafic mondial d’hydrocarbures.
« Plusieurs solutions ont été évoquées […] qui permettraient, sans avoir un accord global, de trouver les voies et moyens de faire passer davantage de porte-conteneurs et de tankers », a-t-il précisé.
Autre front : la mer Rouge, où les rebelles houthistes yéménites, alliés de l’Iran, ont ouvert un front début septembre. Selon une source diplomatique, Paris propose de contribuer à la sécurisation d’infrastructures saoudiennes, notamment l’oléoduc Est-Ouest, à l’arrêt après des attaques de drones.
Les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff, déjà envoyés à plusieurs reprises en Russie, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre 2026 pour relancer la médiation entre les deux camps.







