Autrefois populaire, surtout chez les seniors, le chèque a perdu de son attrait en France. Le Trésor public note une chute de 72 % du nombre de chèques encaissés en dix ans. Face à cette évolution et aux risques de fraude en hausse, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) envisage d’interdire les chèques pour régler amendes et impôts. Ces mesures s’inscrivent dans un cadre législatif renouvelé visant à renforcer la sécurité des paiements.
Sécurisons nos paiements
Selon Presse Citron, le 6 novembre 2025, une loi a été adoptée pour lutter contre les fraudes liées aux chèques. Désormais, les banques pourront signaler leurs clients comme « suspects » dans un fichier national. Ce dispositif repose sur deux fichiers complémentaires.
Le Fichier national des chèques irréguliers recense les incidents de paiement touchant les chèques. Les banques émettrices doivent signaler au FNCI tout rejet lié à une falsification ou une contrefaçon. Parallèlement, le Nouveau fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF) fait son apparition. Géré par la Banque de France et financé par des contributions des prestataires de services de paiement, ce fichier centralisera les coordonnées bancaires des comptes jugés suspects et facilitera ainsi l’échange d’informations entre banques.
Un système renforcé pour repérer les fraudes
Les nouvelles obligations demandent aux banques de signaler tout rejet de chèque suspect au FNCI dès sa remise par le client. Cette mesure permettra de vérifier rapidement la validité d’un chèque présenté. En cas de doute, le crédit du compte pourra être suspendu le temps d’effectuer les vérifications nécessaires.
La sécurité des moyens de paiement reste une préoccupation majeure. Conformément au RGPD, l’accès à ce fichier sera limité à quelques personnes, comme le précise Vie-publique.fr. La CNIL interviendra également pour donner son avis sur la collecte, la conservation et la consultation des informations contenues dans ces fichiers.
Ce que cela change pour les clients
Pour ceux qui utilisent régulièrement le chèque, ces changements pourraient signifier des délais supplémentaires avant de pouvoir accéder aux fonds en cas de doute sur un chèque. Les clients devront prouver leur bonne foi pour éviter d’être fichés à tort. Il est donc conseillé de faire attention lors de l’émission ou du dépôt d’un chèque : vérifier scrupuleusement le montant, s’assurer que les lettres et les chiffres concordent et signer correctement sont autant de précautions à adopter.
Selon Moneyvox, 89 % des fraudes sur chèque en 2024 provenaient principalement de chèques perdus ou volés. Avec ce nouvel agencement, les banques espèrent limiter de manière significative la fraude chaque année.




