Privé de paie depuis des semaines, il découvre la “solution” hallucinante proposée par l’État

Un enseignant d’Ivry-sur-Seine se bat contre un désastre financier : pas de salaire depuis septembre et un compte à 20 €.

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Privé de paie depuis des semaines, il découvre la “solution” hallucinante proposée par l’État
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Un enseignant contractuel au Collège Georges-Politzer d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, se retrouve dans une situation financière désespérée. Depuis la rentrée de septembre, ce professeur de 28 ans, qui entame sa quatrième année d’enseignement de l’anglais, n’a toujours pas touché son salaire. Ce problème met en lumière des défaillances administratives et techniques récurrentes qui plombent la situation des enseignants non titulaires dans l’Académie de Créteil, entraînant un impact financier désastreux.

Un coup dur côté finances

Le professeur n’a rien perçu depuis le début de l’année scolaire et son compte en banque affiche désormais un maigre solde de 20 €. Face à cette galère, la MGEN (Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale) a proposé un prêt d’urgence à 0 % d’un montant de 2 000 €, signé par la DRH le 8 octobre. Toutefois, ce prêt ne sera accessible qu’à partir du 18 octobre, laissant l’enseignant dans l’incapacité de couvrir ses dépenses quotidiennes jusqu’à cette date. « Ça fait trois semaines que je suis sans salaire et je n’ai plus un rond », confie-t-il, s’inquiétant de ne pas pouvoir payer son loyer et ses courses.

Des soucis administratifs tenaces

Le non-paiement s’explique par une erreur administrative liée à un rejet par la Direction générale des finances publiques (DGFIP), à cause d’une mauvaise codification ou d’une erreur humaine. Ce souci technique touche principalement les agents non titulaires du secondaire. Alors que dans d’autres académies des avances sont versées pour pallier ces retards, à Créteil la solution se limite à un prêt temporaire.

Dès le 8 octobre, les collègues du professeur ont alerté le chef d’établissement, qualifiant cette situation de « maltraitance institutionnelle ». En solidarité, une grève a eu lieu le 13 octobre, témoignant du soutien sans faille de ses pairs.

Réactions et critiques des syndicats

Les syndicats enseignants n’ont pas tardé à réagir. Le représentant syndical du SNES Créteil a pointé du doigt un problème qui se reproduit chaque année, affectant aussi bien les contractuels que les nouveaux arrivants. Il déplore que l’on recoure systématiquement aux prêts d’urgence au lieu de verser des acomptes ou de régler les salaires rapidement. « Ce n’est pas un cas isolé », affirme-t-il, rappelant que de nombreux autres agents se retrouvent dans la même situation à cause de ce problème technique.

Le rectorat propose deux options : accepter le prêt de 2 000 € ou attendre la fin du mois d’octobre pour percevoir le salaire. Cependant, aucune assurance n’a été donnée pour que les salaires d’octobre soient versés normalement. L’enseignant s’interroge d’ailleurs : « Je n’ai pas compris pourquoi on ne m’avait pas prévenu avant le versement de mon salaire. » dit-il à Ouest-France.

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