La Cour des comptes a décidé de s’attaquer aux fraudes liées aux pensions de retraite en ciblant les retraités français. Chaque année, la fraude coûterait environ 60 millions d’euros à l’État, selon Renaud Villard, directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. L’idée, c’est de préserver le système pour qu’il profite à ceux qui en ont vraiment besoin.
Les retraités à l’étranger sous surveillance renforcée
Aujourd’hui, plus d’un million de retraités français vivent hors de France, notamment au Portugal, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Turquie, au Royaume-Uni, et en Israël. Un souci récurrent, c’est le paiement des pensions à des retraités décédés, dont le décès n’a jamais été signalé. Du coup, les proches continuent de toucher ces sommes, ce qui représente une perte sérieuse pour le système.
Pour lutter contre cette problématique, il devient souvent compliqué de relever les décès survenus à l’étranger. Désormais, les retraités résidant hors de France devront fournir un certificat d’existence, une pièce d’identité valide ainsi que leur acte de naissance original dans un délai de trois mois. Par ailleurs, les convocations physiques au consulat seront multipliées, avec la menace d’une suspension de la pension si les démarches ne sont pas respectées.
Le cumul emploi-retraite en question
En 2022, environ 381 000 retraités cumulaient emploi et pension en France. Ce nombre a presque doublé pour atteindre 710 000 personnes aujourd’hui. Initialement mis en place pour aider les retraités modestes, ce dispositif connaît une croissance qui soulève des critiques, notamment face aux « effets d’aubaine ». Quelques dérives, comme des médecins touchant leur pension tout en gagnant plus de 100 000 euros par an grâce à une activité professionnelle, ont été relevées.
Pour contrer ces abus, la Cour recommande de renforcer les contrôles et propose de rendre plus strictes les conditions d’accès au cumul emploi-retraite. Ces mesures ne visent pas seulement à freiner les abus, mais aussi à s’assurer que cette option continue de vraiment aider certains retraités à garder un niveau de vie satisfaisant.
Conséquences économiques et répercussions pour les retraités
Le cumul emploi-retraite permet à de nombreux Français de maintenir leur niveau de vie, sachant que, selon l’OCDE, la pension moyenne représente 74 % du dernier salaire perçu. Ainsi, plusieurs retraités recourent au cumul pour garder un train de vie compatible avec leurs attentes après la fin d’une carrière active.
Cependant, il est important que ces contrôles soient perçus comme une mesure de régulation et non comme une punition pour les retraités respectueux de leurs obligations, surtout face à l’augmentation des impôts prévue. Les autorités conseillent à ceux qui sont dans le droit de se préparer aux vérifications en rassemblant les documents demandés et en se renseignant auprès de leur caisse de retraite ou du consulat concerné. La transparence et la protection des droits des retraités honnêtes restent une priorité dans cette démarche.






