L’Union européenne a présenté ce 10 juin 2025 un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. Il s’agit du 18e depuis le début de la guerre en Ukraine. Objectif : tarir les revenus énergétiques russes, verrouiller davantage le secteur bancaire, et couper les dernières routes de contournement utilisées par Moscou. Mais cette salve ne sera adoptée que si les 27 États membres l’approuvent à l’unanimité. Et le consensus est loin d’être acquis.
La Commission européenne hausse une nouvelle fois la voix face à la persistance du conflit. Présentée mardi par Ursula von der Leyen, cette 18e série de sanctions vise à intensifier la pression économique sur la Russie, en particulier sur les revenus issus du pétrole, les institutions bancaires, les infrastructures énergétiques désaffectées comme Nord Stream, et la flotte fantôme de pétroliers russes.
Sanctions : viser la finance russe, 22 banques concernées
Mesure phare de ce nouveau train de sanctions : la proposition de réviser à la baisse le plafond du prix du pétrole russe, aujourd’hui fixé à 60 dollars. Bruxelles souhaite le ramener à 45 dollars le baril, en accord avec la stratégie du G7 mise en place en décembre 2022.
L’objectif est clair : réduire les marges de Moscou. Ursula von der Leyen rappelle que « les exportations de pétrole représentent toujours un tiers des revenus de la Russie ». Selon la Commission européenne, ce seuil précédent a déjà permis une baisse de 30 % des recettes russes liées à l’exportation maritime.
Côté bancaire, la Commission entend étendre ses restrictions au-delà de SWIFT. Le projet prévoit l’interdiction totale de toute transaction avec 22 nouvelles banques russes. Cela viendrait renforcer les dispositifs existants et accroître la difficulté d’accès aux devises étrangères pour la Russie.
Parallèlement, des restrictions à l’exportation supplémentaires , d’une valeur estimée à 2,5 milliards d’euros, viendraient limiter l’accès de Moscou à divers composants industriels : machines-outils, plastiques, métaux, produits chimiques.
Une adoption conditionnée à l’unanimité des 27
Bruxelles propose aussi de bloquer toutes les transactions liées aux gazoducs Nord Stream 1 et 2, aujourd’hui hors service. L’objectif est d’éviter toute tentative de réactivation future. « Il n’y aura pas de retour dans le passé », a affirmé Ursula von der Leyen.
Enfin, le 18e paquet ajoute 70 pétroliers russes à la liste noire de l’Union, déjà longue d’environ 400 navires. Ces navires sont accusés de transporter du pétrole hors du cadre légal, grâce à des pavillons de complaisance ou des transbordements discrets. Cette « flotte fantôme » joue un rôle central dans le contournement des sanctions européennes.
Comme toujours avec ce type de décision, l’unanimité des États membres est nécessaire. Or, la Hongrie et la Slovaquie ont déjà exprimé leur scepticisme. Robert Fico, Premier ministre slovaque, a été clair : « Si une sanction nous porte préjudice, je ne voterai jamais pour ».
Même si Budapest et Bratislava n’ont encore jamais bloqué un paquet de sanctions, leurs objections ralentissent les négociations. D’ici au 23 juin 2025, date de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères, des compromis devront être trouvés.



