Taxe Zucman : quand la démagogie prime sur l’intérêt du pays

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Taxe Zucman : quand la démagogie prime sur l’intérêt du pays | journaldeleconomie.fr

On nous vend la « taxe Zucman » comme la dernière trouvaille pour « faire payer les riches ». En réalité, elle illustre un mélange toxique : confusion technique, démagogie politicienne et méconnaissance du rôle fondamental des entrepreneurs. Au-delà des mots d’ordre, c’est la confiance dans l’investissement et la paix sociale qui sont mises à mal. Et puis au final ce qui nous est présenté comme innovant est finalement vieux comme le monde : on veut toujours partager l’argent des autres. Les riches sont toujours responsables de tout. Rappelons-nous les caricatures d’avant-guerre des profiteurs sur le dos du peuple. 

 Rebâtir l’argument économique : pourquoi la taxe est délétère

La proposition — taxer 2 % par an la valeur du patrimoine des plus aisés — repose sur une méprise de fond : elle confond fortune personnelle et capital productif. Taxer la valorisation d’une entreprise, d’une holding ou d’une participation financière comme s’il s’agissait d’un solde bancaire disponible, c’est méconnaître la nature des investissements. Beaucoup d’actifs « lourds » sont immobilisés : R&D, usines, stocks, dettes, contrats. Les ponctionner revient à ponctionner l’outil de travail.

Sur le plan fiscal, la sphère des entreprises est déjà largement contributive : résultats imposés à l’impôt sur les sociétés, prélèvements sociaux, taxation des dividendes, contributions diverses — le taux effectif global sur la création de valeur dépasse fréquemment 40–50 % selon les cas. Ajouter un prélèvement annuel systématique sur la valeur patrimoniale, indépendamment de la trésorerie disponible, conduira à trois effets pervers évidents :
• forcing sur la trésorerie (lessivage des investissements) ;
• recours massif à la distribution (donc surimposition et appauvrissement futur) ;
• incitation à la délocalisation de patrimoines et de dirigeants.

Bref : la taxe ne « prend » pas l’argent des riches comme on presserait un citron disponible, elle vide les entreprises qui emploient, innovent et exportent.

Le péril social : ce débat attise des colères sur de fausses bases

Le plus inquiétant n’est pas seulement l’erreur économique, mais l’effet politique et social. En affimant que « les riches paient moins que les pauvres » — chiffre simpliste réfuté par des enquêtes y compris à gauche — on attise la rancœur populaire sur une base inexacte. Cela nourrit un récit de prédation : des « profiteurs » qui vivent sur le dos des classes populaires. Or ce ressentiment, quand il se construit sur une idée fausse, devient une mèche dangereuse.

Les conséquences sont visibles : montée des appels à des mesures punitives, radicalisation des discours, tentations de politiques confiscatoires. C’est précisément ainsi que la défiance citoyenne se transforme en colère politique — d’où le risque réel d’instabilité sociale. Une politique responsable devrait confronter les injustices réelles et mesurer l’impact des remèdes proposés, pas amplifier la colère en jouant les faiseurs d’opinion.

 La destruction des rêves d’entreprendre : pourquoi la France a besoin d’ambition individuelle

S’en prendre aux « riches » comme catégorie morale revient aussi à casser le modèle aspiratoire. Devenir entrepreneur, créer de la valeur, réussir économiquement — ce sont des moteurs d’innovation et d’emploi. Présenter la réussite comme un péché à punir décourage la vocation entrepreneuriale. Quand la République stigmatise l’enrichissement productif, elle prive les générations suivantes d’ambition réelle.

La France a besoin de ses créateurs d’entreprises : ce sont eux qui investissent, embauchent, exportent et alimentent les recettes publiques. Rendre la réussite honnie, c’est réduire notre vivier d’initiatives et, sur le long terme, appauvrir la collectivité.

Politique politicienne du PS : sacrifier l’intérêt national pour un scalp électoral

Ce débat révèle aussi la caricature de la vie politique française : la recherche du « scalp » électoral prime sur l’intérêt national. Les responsables politiques y compris à gauche du Parti Socialiste le savent : la taxe Zucman est inefficace, destructrice, et factuellement contestable. Mais elle procure un slogan facile, un angle de communication destiné à mobiliser une base populaire en quête d’ennemis. C’est de la politique politicienne  et c’est dangereux. Pour obtenir des voix, on est prêt à fragiliser l’économie et à jeter du combustible sur des tensions sociales.

Cette pratique est consternante : servir l’État ne devrait jamais se confondre avec se servir d’un État pour des gains partisans.

Le débat sur taxe Zucman est moins une réforme fiscale qu’un symptôme : le symptôme d’un pays où la politique courte et le slogan facile remplacent de plus en plus la recherche d’efficacité politique pour le bien du pays. Dans cette période difficile il faut surtout préserver l’économie. C’est un impératif. Qu’on le veuille ou non ce sont les entrepreneurs qui créent la richesse du pays, créent de l’emploi, créent des recettes fiscales, etc. Il faut les chouchouter. Les ériger en modèle. Faire sorte que les jeunes croient au rêve français où la réussite économique est possible. Punir la réussite productive, c’est prendre le risque d’appauvrir la France. Opposer les catégories sociales et faire croire à une caste d’ultra privilégié profitant du système renforce les partis populistes qu’ils soient d’extrême gauche comme d’extrême droite. 

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