Le 22 avril 2025, Recommerce, en partenariat avec Kantar, a publié la nouvelle édition de son Baromètre sur le marché des smartphones d’occasion. Menée auprès de 7 750 individus dans 13 pays européens, cette enquête dessine les contours d’un marché désormais structuré et soutenu par des dynamiques économiques claires. Avec 22 % de Français équipés d’un smartphone reconditionné, l’Hexagone se positionne à l’avant-garde d’une tendance européenne en expansion.
Smartphones reconditionnés : une demande portée par le facteur prix
Premier enseignement : la motivation principale des consommateurs reste le coût. En France, 72 % des utilisateurs de smartphones reconditionnés citent le prix comme déterminant majeur, contre 66 % en moyenne en Europe. Cette donnée s’inscrit dans un contexte de pression inflationniste durable, où les ménages arbitrent de plus en plus leurs dépenses technologiques.
Les modèles reconditionnés permettent d’accéder à des appareils haut de gamme à des tarifs réduits, tout en bénéficiant de garanties, d’un contrôle technique et d’un service après-vente équivalent à celui du neuf. Cette montée en qualité des filières de reconditionnement, notamment professionnelles, contribue à la progression du secteur.
Si le facteur économique domine, l’argument environnemental progresse sensiblement. En France, 36 % des acheteurs évoquent des motifs écologiques, un niveau légèrement supérieur à la moyenne européenne (35 %). L’Allemagne (38 %), le Portugal (39 %) ou encore l’Espagne (42 %) affichent des taux plus élevés, témoignant d’une sensibilité variable selon les marchés.
Le marché français : structuré et en avance sur ses voisins
La France est le pays européen où l’adoption du smartphone d’occasion est la plus forte en 2025, avec 22 % d’équipements concernés. L’Allemagne suit avec 17 %, tandis que la Belgique, les Pays-Bas et la Hongrie affichent des taux équivalents à la moyenne européenne (15 %). L’Italie reste à la traîne avec seulement 10 %.
Côté revente, le baromètre montre une Europe à deux vitesses. Si 32 % des Français ont revendu leur ancien mobile, le taux reste légèrement en dessous de la moyenne européenne (33 %), loin derrière les Allemands (43 %) et les Néerlandais (44 %). À l’inverse, les Portugais privilégient le don familial (20 %), un taux bien supérieur à la moyenne (13 %).
Cependant, l’intention de revente progresse. 37 % des Français déclarent vouloir revendre leur smartphone actuel, au même niveau que les Belges, contre 41 % pour les Allemands. Les marchés les plus dynamiques sur ce critère sont la Suisse (53 %) et les Pays-Bas (51 %).
Le marché du smartphone reconditionné entre en 2025 dans une phase de maturité. Tiré par des logiques économiques claires, consolidé par une offre professionnelle structurée, il s’impose comme un segment stratégique de la consommation électronique. La France y joue un rôle moteur, illustrant une mutation des usages à la fois pragmatique et durable.
