Le mercredi 25 juin 2025, Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce, a confirmé une réforme de taille pour le système des titres-restaurant. À compter du 1ᵉʳ janvier 2027, tous les salariés pourront utiliser leurs titres le dimanche, dans une large gamme de commerces, y compris les supermarchés. Une décision qui s’inscrit dans une refonte globale du dispositif, en place depuis près de soixante ans.
Utilisation des titres-restaurant : une révolution dominicale en vue
Fini les restrictions du week-end. Dès 2027, les titres-restaurant seront utilisables sept jours sur sept. « Tous les salariés pourront les utiliser le dimanche », a affirmé Véronique Louwagie dans une interview accordée au Parisien. Cette extension à la journée dominicale vise à mieux refléter les réalités professionnelles actuelles, notamment pour les nombreux Français qui travaillent ou consomment ce jour-là.
Cette ouverture ne se limite pas à quelques enseignes. Selon la ministre, l’objectif est d’autoriser l’usage dans tous les commerces alimentaires, y compris les grandes surfaces, où les titres peuvent déjà être utilisés depuis une mesure temporaire adoptée en 2022.
Un dispositif modernisé et simplifié : fin du format papier
L’autre pilier de la réforme repose sur la dématérialisation complète des titres. À partir du 28 février 2027, il ne sera plus possible d’utiliser les carnets papier traditionnels. Seuls les supports numériques – cartes à puce et applications mobiles – seront acceptés. Cette décision répond à une demande unanime des émetteurs et à une volonté de simplification pour les utilisateurs comme pour les commerçants.
La réforme prévoit également une meilleure gestion des soldes non utilisés. Les titres devront désormais être consommés au cours de l’année civile. Aucun report sur l’année suivante ne sera permis, une mesure destinée à renforcer l’utilisation régulière des montants alloués et à éviter l’effet « cagnotte ».
Plafond inchangé, mais périmètre élargi
Si le plafond journalier reste fixé à 25 euros, les conditions d’usage sont considérablement élargies. Les jours fériés restent exclus, pour préserver la logique de compensation liée au temps de travail. Toutefois, la liste des produits éligibles dans les supermarchés s’allongera : pâtes, riz, farine, fruits, légumes, produits frais pourront être achetés avec des titres-restaurant, à l’exception des boissons alcoolisées, produits pour animaux et sucreries, comme le précisent les services du ministère.
Des tensions avec le secteur de la restauration
Si les salariés y gagnent en liberté et en flexibilité, le secteur de la restauration, lui, tire la sonnette d’alarme. Depuis 2022, les restaurateurs déplorent une baisse significative de la fréquentation liée à la possibilité d’utiliser les titres en grande distribution. Selon l’Umih, ce sont près de 700 millions d’euros qui auraient échappé aux restaurants entre 2022 et 2024. Le Groupement des hôtelleries & restaurations (GHR), de son côté, parle d’une réforme « anti-commerçants » et regrette l’absence de « choix politique fort pour défendre la restauration traditionnelle » d’après les informations d’actu.fr.
Une réforme portée par le gouvernement mais encore en discussion
Le texte de loi sera présenté devant le Parlement à l’automne 2025. Il synthétise les résultats d’une large concertation menée jusqu’en mars avec les émetteurs, les représentants syndicaux, les distributeurs et les restaurateurs. Si l’exécutif mise sur une adoption rapide pour une entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2027, plusieurs amendements sont déjà envisagés, notamment sur les contreparties à offrir aux restaurateurs.

