Depuis plusieurs mois, un bras de fer inédit oppose l’administration Trump à l’Université de Californie (UC), l’un des plus grands ensembles universitaires publics des États-Unis. Au cœur de la querelle : la liberté d’expression sur les campus, les manifestations pro-palestiniennes et la question explosive de savoir jusqu’où un gouvernement peut aller pour imposer sa vision politique au monde académique.
Un climat de tension sur les campus
Tout est parti des protestations étudiantes liées à la guerre à Gaza. Dans plusieurs universités californiennes, des étudiants ont organisé des rassemblements pour dénoncer la politique d’Israël et le soutien américain. Certaines manifestations ont dégénéré, donnant lieu à des affrontements, des occupations de campus et des accusations d’antisémitisme. Le gouvernement Trump a réagi avec fermeté. Estimant que les universités « toléraient » des propos hostiles aux étudiants juifs, le département de l’Éducation a suspendu ou menacé de suspendre des centaines de millions de dollars de financements fédéraux à certaines institutions, dont UCLA. L’administration accuse l’Université de Californie de ne pas avoir « protégé » ses étudiants et d’avoir laissé prospérer un climat de « haine ». Mais pour la direction de l’université, la réalité est tout autre : il s’agit, selon elle, d’une instrumentalisation politique visant à museler la liberté de parole sur les campus. L’Université de Californie a donc déposé une plainte contre l’État fédéral, estimant que ces pressions constituent une attaque directe contre le Premier Amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression.
L’argent comme levier de pression
C’est là que le dossier prend une dimension explosive. Le système universitaire de Californie reçoit plus de 17 milliards de dollars par an en subventions fédérales. En gelant ces fonds, Washington frappe là où cela fait le plus mal. Pour les autorités universitaires, cette stratégie s’apparente à une forme de chantage : « Acceptez notre ligne politique, ou perdez vos financements. » Les syndicats d’enseignants et d’étudiants parlent, eux, de « censure par l’argent ». En d’autres termes, un gouvernement pourrait, par simple décret, conditionner la recherche et l’enseignement à une forme d’orthodoxie politique. Plusieurs juristes américains y voient une menace directe pour l’autonomie des universités, un principe jusqu’ici considéré comme sacré aux États-Unis. Un spécialiste du droit constitutionnel, cité par First Amendment Watch, résume ainsi la situation : « Quand le gouvernement commence à choisir quelles idées méritent d’être financées et lesquelles doivent être punies, la démocratie universitaire est en danger. »
Une bataille aux conséquences nationales
L’affaire dépasse largement la Californie. D’autres universités, comme Stanford ou Columbia, font déjà l’objet d’enquêtes similaires. L’administration Trump cherche à imposer un « code de conduite » fédéral contre l’antisémitisme, mais de nombreux enseignants craignent que cela ne serve à censurer tout débat sur la politique israélienne ou étrangère. Le conflit met aussi en lumière une fracture plus profonde dans la société américaine : celle entre une partie de la droite, qui estime que les campus sont devenus des bastions « wokes » hostiles à la liberté d’opinion conservatrice, et une partie du monde académique, qui voit dans cette rhétorique une tentative d’ingérence politique dans la recherche. Certains observateurs rappellent qu’une tension similaire avait déjà éclaté sous la présidence Trump en 2019, lorsque la Maison-Blanche avait menacé de couper les subventions à Berkeley après une manifestation anti-conservatrice. Mais cette fois, le bras de fer est bien plus vaste et pourrait faire jurisprudence.
La liberté d’expression, dernière ligne de défense
Le cœur du débat reste la même question : une université peut-elle être libre si son financement dépend de la conformité de ses idées ? Pour les dirigeants de l’Université de Californie, la réponse est non. Dans leur plainte, ils affirment que « le gouvernement fédéral ne peut pas acheter le silence des chercheurs, ni punir les universités pour leurs débats ». Pour autant peut-on tolérer des attitudes antisémites et de l’extrémisme woke qui entrave la liberté d’expression la cancel culture. Nombre d’universitaires et d’étudiants ont eu les pires ennuis, voire jusqu’à se faire renvoyer comme ce professeur qui avait écrit « white live matter ». Si les tribunaux leur donnent raison, ce serait un signal fort en faveur de la soi-disant liberté académique permettant à l’antisémitisme de prospérer. Mais dans le cas contraire, le précédent créé pourrait autoriser tout futur gouvernement, de droite comme de gauche, à contrôler indirectement les universités par le biais de leurs subventions.
Dans un pays où la liberté d’expression est considérée comme la pierre angulaire de la démocratie, cette bataille juridique dépasse de loin les frontières du monde universitaire. Elle pose une question fondamentale : la pensée libre a-t-elle encore une place quand l’argent public devient un instrument de pouvoir idéologique ? Mais d’un autre coté peut on laisser les universités devenir des zones où s’exprimer en dehors de la doxa est interdit. L’université doit être un lieu de liberté où chacun peut opposer des arguments. Il est donc clair que les universités américaines qui avaient sombré dans le totalitarisme woke, qui est une idéologie fasciste car ne tolérant aucune contradiction, doivent être sanctionnées .



