Un infirmier paie 700€ pour 50m² en plein Paris : l’AP-HP a trouvé la parade pour garder ses soignants

À Paris, la hausse des loyers pousse les soignants à l’exode : 12 % de personnel en moins à l’AP-HP.

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Un infirmier paie 700€ pour 50m² en plein Paris : l'AP-HP a trouvé la parade pour garder ses soignants
Un infirmier paie 700€ pour 50m² en plein Paris : l’AP-HP a trouvé la parade pour garder ses soignants © journaldeleconomie.fr

Avec la hausse continue des prix de l’immobilier à Paris, les employeurs publics ont de plus en plus de mal à recruter. L’Assemblée nationale a voté une proposition de loi pour faciliter l’accès au logement des agents publics. Cette mesure, qui doit encore être examinée par le Sénat à une date non précisée, pourrait changer la donne pour le recrutement des fonctionnaires à Paris et dans d’autres zones tendues.

La situation est particulièrement préoccupante pour des institutions majeures

L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) gère un parc de 11 000 logements répartis entre ses propriétés et des logements sociaux obtenus via des partenariats. Sur ce volet, l’AP-HP est pilotée par Cécile Gambier. Entre 2019 et 2023, l’organisme a perdu 12 % de son personnel infirmier, ce qui a conduit à la fermeture de 18 % de ses lits. Cet exode s’explique par l’impossibilité pour ces professionnels de se loger décemment à proximité de leur lieu de travail avec la flambée des prix.

Pourquoi le logement compte pour garder le personnel

Pour des personnes comme Maïlys Couteille, jeune infirmière de 25 ans en néonatologie à l’hôpital Trousseau interrogée par BFMTV, la proximité du logement avec le travail fait toute la différence. Depuis 2024, elle habite un appartement de 50 m² appartenant à la RATP, à seulement 5 minutes à pied de l’hôpital, pour environ 700 € par mois de loyer. « C’est royal ! », dit-elle, en expliquant que l’obtention de ce logement a été déterminante pour rester dans son poste. Ses horaires atypiques, y compris des vacations de 12 heures de nuit, sont beaucoup plus supportables grâce à cette proximité.

Ce témoignage illustre pourquoi l’AP-HP multiplie les efforts pour sécuriser des logements à loyers abordables. Grâce à des baux de longue durée, l’AP-HP parvient à maintenir des loyers bas tout en liant l’attribution du logement à l’emploi, pour favoriser la stabilité des effectifs. La stratégie est claire : « C’est donnant-donnant », souligne Cécile Gambier, « on lie le logement à un agent. »

Des pistes législatives et administratives

La proposition de loi discutée prévoit une clause contractuelle permettant aux employeurs publics de récupérer un logement social lorsque l’agent change de poste. L’idée est d’encourager une rotation rapide des logements attribués aux fonctionnaires, avec un délai d’activation de 1 an pour la clause et un minimum de 6 mois pour quitter le logement.

Dans ce cadre, David Amiel, ministre de la Fonction publique, a envoyé une circulaire aux préfets pour leur demander d’identifier les zones de tension immobilière d’ici l’été. Le but est de rassembler ces données pour potentiellement établir une « feuille de route nationale ». Amiel, auteur d’un rapport en 2024, met en avant les contraintes financières qui empêchent le personnel de santé et d’autres professions clés d’accéder soit au parc locatif privé, soit au logement social.

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