Un nouvel impôt lourd de conséquences pour la France

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Coup de théâtre à l’Assemblée : le gouvernement coupe court aux débats clés sur le budget 2026
Crédit photo JDE | journaldeleconomie.fr

Une nouvelle taxe sur les holdings vient d’être votée au nom de la justice fiscale. Elle ne vise pas les « riches ». Elle vise les entrepreneurs, ceux qui créent de la richesse et renforce les finances publiques par la création d’emplois et le paiement d’impôt sur les sociétés.  

C’est devenu un rituel d’automne. Chaque budget apporte son petit texte contre ceux que l’on désigne comme « les riches ». Chacun, pris isolément, paraît anodin. Mis bout à bout, ils dessinent une politique : celle d’un pays qui s’appauvrit en taxant ce qui l’enrichit. On le voit aujourd’hui un pays aux abois par l’incompétence et la démagogie de nos politiques. A la manœuvre cette fois Jean Paul Mattei et Charles de Courson, officiellement centristes, mais qui ont été élu par les voix de gauche contre des candidats RN. Bref, deux députés prêts à tout pour se faire réélire et rester au chaud à l’Assemblée Nationale.

Ce texte a été adopté le 28 octobre par l’Assemblée nationale, contre l’avis du gouvernement. L’amendement I-3807 au budget 2027 étend la taxe sur les holdings patrimoniales à leur trésorerie et à leurs placements financiers. Ils seraient taxés à 2 % par an, à compter de fin 2027. Son ambition affichée est de remettre au travail un argent supposé dormir. Son effet réel sera de priver l’économie française d’une partie de son carburant.

Le prétexte : les « riches »

Le mot « holding » est commode. Il permet de parler d’entreprises sans parler de ceux qui les ont bâties. Il évoque un montage opaque, un coffre-fort à l’abri du fisc. Il rend la taxe populaire avant même qu’on en ait lu une ligne. Personne ne comprend ce que c’est et c’est pratique pour faire naitre le doute.

La réalité est plus prosaïque. Une holding est une société qui détient d’autres sociétés. C’est l’outil du boulanger qui a ouvert une deuxième boutique, de l’industriel qui a racheté un sous-traitant, de la famille qui prépare la transmission de son entreprise. C’est là que se prennent les décisions d’investir, de recruter, de reprendre. En visant les « riches », le texte frappe en réalité le poste de commandement de nombreuses PME. On célèbre les entrepreneurs dans les discours ; on taxe leurs outils dans les textes.

Ce que l’on taxe vraiment : la prudence

La trésorerie d’une holding n’est pas un trésor oisif. C’est une assurance. Quand un client majeur fait défaut, qu’un chantier dérape ou qu’une banque ferme le robinet, c’est elle qui évite la vente précipitée ou le dépôt de bilan. La taxer parce qu’elle a de la trésorerie c’est reprocher à une entreprise d’avoir un extincteur tant que rien ne brûle.

C’est aussi une munition. Une bonne acquisition dépend de la cible et de son prix, pas d’un calendrier fixé par Bercy. Le texte prévoit certes des exclusions : les participations opérationnelles d’au moins 5 %, certains fonds de capital-investissement, les sommes réinvesties sous trois ans. Mais il enferme le dirigeant dans un choix absurde : investir trop vite pour échapper au prélèvement, ou payer pour avoir refusé un mauvais investissement. L’économie n’a pas besoin d’un capital dépensé vite. Elle a besoin d’un capital bien employé. Mais Jean Paul Mattei s’en moque son problème c’est de se faire réelire en envoyant un message à son électorat de gauche.

Taxer ce que l’on possède, pas ce que l’on gagne

Cette taxe ne porte pas sur un bénéfice, mais sur un stock. Elle est due même les mauvaises années. Sur 10 millions d’euros d’actifs taxables, 200 000 euros devront sortir chaque année, que la société ait gagné de l’argent ou non. Or une créance ou un titre non coté ne paient pas l’impôt. Pour régler la facture, il faudra emprunter ou vendre. Une taxe censée pousser à investir finira par forcer à désinvestir.

Les premières victimes seront les groupes familiaux. Ce sont eux qui reprennent les entreprises locales, les soutiennent dans la tempête et raisonnent en générations plutôt qu’en dates de sortie. La France déplore chaque année de voir ses PME passer sous pavillon étranger. Elle s’apprête à affaiblir ceux qui pourraient les garder.

La mort à petit feu

Aucun de ces textes ne ruinera la France à lui seul. C’est précisément ce qui les rend dangereux. L’an dernier, ce fut une taxe sur les biens de luxe logés dans les holdings. Cette année, au même budget, s’ajoutent un durcissement de l’apport-cession, un projet de relèvement de la quote-part imposable sur les plus-values de cession de titres, et maintenant la trésorerie. Chaque fois, la mesure est présentée comme ciblée, technique, limitée. Chaque fois, elle s’ajoute aux précédentes.

Un entrepreneur accepte de payer l’impôt. Ce qu’il ne supporte plus, c’est l’instabilité, et le sentiment que chaque euro mis de côté appelle une nouvelle ponction. À force, il ne se demande plus quelle entreprise créer ou reprendre. Il se demande où le faire, et s’il doit encore le faire en France. Le danger n’est pas seulement le départ spectaculaire d’un grand contribuable. C’est la reprise abandonnée, la filiale ouverte à l’étranger, l’entrepreneur qui renonce à recommencer.

L’État qui assèche ses propres sources

Le paradoxe est vertigineux. La France prélève déjà 43,6 % de sa richesse nationale en impôts et cotisations, l’un des taux les plus élevés de l’OCDE. Sa dépense publique atteint 57,2 % du PIB. Pourtant, sa dette a franchi 119 % du PIB à la mi-2026, soit près de 3 600 milliards d’euros. Le gouvernement lui-même prévoit 121,7 % en 2027.

Le problème de la France n’est donc pas un manque d’impôts. C’est une dépense que, depuis des décennies, aucune majorité n’a su tenir. Ceux qui ont laissé filer les comptes publics se tournent aujourd’hui vers ceux qui créent la richesse pour en payer la facture.

C’est là que l’erreur devient ruineuse. Les bénéfices logés dans une holding ont déjà acquitté l’impôt sur les sociétés. Investis, ils produiraient demain de nouveaux bénéfices imposables, des salaires soumis à cotisations, de la TVA chez les fournisseurs. Prélevés, ils rapportent une fois, puis plus rien, se perdent dans le trou noir glouton de l’État qui absorbe sans cesse plus d’argent dans une inefficacité crasse.

L’État ne taxe pas une richesse. Il assèche la source qui alimente ses propres recettes. Le budget voit la recette de la première année ; il ne voit pas les impôts qui ne seront jamais payés, faute d’entreprises pour les payer.

Arrêter de scier la branche

Sous couvert de faire payer les « riches », ce texte pénalise la prudence, fragilise le capital familial et ampute les investissements de demain. Il appauvrit ceux qui créent la richesse, et à travers eux l’État qui en vit.

Une nation ne se redresse pas en taxant ce qui la fait vivre. Elle se redresse en dépensant mieux et en laissant ceux qui investissent le faire en paix. Il ne faut jamais oublier que la puissance d’un État résulte de la richesse produite par les entreprises.

La navette parlementaire offre encore une chance de corriger le tir. Il faut la saisir, avant que cette accumulation de petits textes ne produise un grand appauvrissement.

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