Véhicule électrique : la fin de la gratuité des bornes de recharge au travail

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Véhicule électrique : la fin de la gratuité des bornes de recharge au travail | journaldeleconomie.fr

À partir de l’année prochaine, la recharge gratuite des véhicules électriques sur les parkings d’entreprise sera soumise à des charges sociales. Une décision de l’URSSAF qui pourrait peser sur les finances des salariés comme sur celles des employeurs, tout en redéfinissant les pratiques liées à la mobilité verte.

Un coup dur pour les salariés adeptes de l’électrique

Depuis 2020, les salariés possédant un véhicule électrique personnel pouvaient profiter d’une recharge gratuite sur leur lieu de travail, un avantage pensé pour favoriser l’adoption des véhicules à zéro émission. Mais ce régime fiscal favorable prendra fin l’an prochain. L’URSSAF impose désormais l’intégration de ce service dans les cotisations sociales des entreprises, ce qui entraînera des coûts supplémentaires pour les employeurs et une fiscalité accrue pour les salariés.

Les entreprises auront deux choix : facturer la recharge directement aux salariés ou assumer ces nouveaux frais en offrant toujours l’accès gratuit. Si la première option devient majoritaire, les salariés devront débourser des sommes non négligeables. Pour un employé parcourant 50 kilomètres par jour, la recharge sur borne classique, estimée à 9 euros pour 300 km d’autonomie, représenterait une dépense annuelle de 200 euros. Cette charge, bien qu’anticipée, pourrait être en partie atténuée si elle est considérée comme un frais professionnel ou une prime.

L’avantage en nature : une nouvelle donnée fiscale

Si l’entreprise choisit de maintenir l’accès gratuit aux bornes, les salariés devront néanmoins intégrer cet avantage dans leurs revenus imposables. Cette requalification en avantage en nature pourrait alourdir leur imposition, avec des montants variant selon leur taux marginal d’imposition. Un salarié dans une tranche à 30 % ou 41 % verrait ses coûts augmenter de plusieurs dizaines d’euros annuels.

Malgré ces contraintes, une étude réalisée par Monta avec YouGov révèle que près de la moitié des sondés (49 %) seraient prêts à payer pour recharger leur voiture sur leur lieu de travail, même si ce service devenait payant. En effet, les bornes classiques restent plus avantageuses que les infrastructures en itinérance, particulièrement sur autoroute, où le prix de la recharge rapide peut atteindre 20 à 30 euros pour une autonomie équivalente.

Cette évolution réglementaire marque un tournant dans la gestion de la mobilité verte au sein des entreprises. En augmentant les coûts pour les employeurs et les salariés, elle pourrait freiner l’adoption des véhicules électriques ou encourager le développement de nouvelles stratégies, comme l’installation de bornes domestiques. Reste à savoir si ces mesures susciteront des ajustements fiscaux ou tarifaires pour limiter leur impact sur les ambitions climatiques de la France.

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