Avec 26% d’immatriculations en novembre selon la Plateforme automobile (PFA), les voitures électriques neuves atteignent un niveau inédit qui contraste avec la faiblesse générale du marché. Ce signal, qui combine effets d’aides publiques et obligations professionnelles, fait évoluer les repères habituels des acheteurs.
Voitures électriques : 26% des immatriculations en novembre 2025
La PFA indique que les voitures électriques ont représenté 26% des immatriculations des voitures neuves en novembre 2025. C’est la première fois que ce niveau est atteint en France pour une motorisation 100% électrique. Le chiffre marque un changement d’échelle et installe durablement l’électrique parmi les choix principaux du marché neuf.
La progression ne s’explique pas par un seul facteur. Le “leasing social”, relancé à l’automne, a produit un effet immédiat sur les volumes. Interrogée par BFMTV, la porte-parole de la PFA estime que « le dispositif a été assez porteur sur les ventes de véhicules zéro émission ». Cette observation confirme que l’effet prix reste déterminant pour de nombreux ménages.
L’autre levier identifié concerne les entreprises, contraintes d’intégrer au moins 20% de voitures électriques dans leurs renouvellements. Cette obligation accélère la diffusion de l’électrique dans les flottes professionnelles, un segment où les arbitrages financiers priment souvent sur les considérations d’usage.
Une dynamique portée par l’offre et les aides publiques
Le franchissement des 26% intervient dans un contexte où les constructeurs ont considérablement élargi leurs gammes électriques. Les modèles compacts, urbains et de milieu de gamme se multiplient. Cette diversification facilite l’accès à l’électrique pour des profils d’acheteurs qui, jusqu’à récemment, n’étaient pas concernés.
Le leasing social renforce ce mouvement. La réduction de la mensualité, associée au coût d’usage réduit d’un véhicule électrique, permet à certaines familles d’envisager une transition plus aisée. Le gain se mesure autant dans la stabilité des dépenses que dans l’anticipation des restrictions de circulation autour des zones à faibles émissions.
Le consommateur gagne en options, mais toujours dans un marché fragile
L’essor des voitures électriques ne doit pas masquer la situation globale du marché automobile. Les immatriculations ont reculé de 0,3% en novembre, selon les chiffres rendus publics. Franceinfo rappelle que le marché reste « 23% sous son niveau de novembre 2019 ». Ce recul durable témoigne d’un climat d’hésitation plus général, où les ménages comme les entreprises cherchent de la visibilité avant d’investir.
Cette situation crée un paradoxe. L’électrique progresse très vite dans un marché qui, lui, ne parvient pas à retrouver son niveau d’avant-crise. Le poids de l’électrique dans les ventes neuves ne suffit pas, à court terme, à compenser la faiblesse globale de la demande.
Un parc roulant encore massivement thermique
Si les voitures électriques dominent progressivement les immatriculations, elles restent minoritaires sur les routes. Le parc automobile français comprend près de 40 millions de véhicules. Les estimations disponibles situent la part des voitures 100% électriques entre 2% et 3% du parc. L’écart entre ventes neuves et véhicules déjà en circulation reste donc considérable.
Ce décalage s’explique par la durée de vie des voitures thermiques et par la vitesse de renouvellement du parc. Même avec une progression rapide des ventes, la transformation réelle demande du temps. Les contraintes d’infrastructures, en particulier pour la recharge hors domicile, freinent encore certains usages.
Un signal clair pour les constructeurs et les pouvoirs publics
Le seuil atteint en novembre confirme que les dispositifs publics peuvent infléchir rapidement le marché. Pour les constructeurs, le message est net : l’électrique n’est plus un segment marginal. Il devient un pilier stratégique, soutenu par des politiques publiques et des obligations réglementaires.
Pour les acheteurs, la dynamique actuelle ouvre davantage de possibilités. Le choix d’un modèle électrique devient moins dépendant d’une catégorie spécifique. Les options se multiplient, et les écarts de prix se resserrent dans certains segments.
Le marché reste néanmoins très sensible à la conjoncture. Les incertitudes autour du budget 2026, les interrogations sur les prix de l’énergie et la question de la recharge déterminent toujours une partie des décisions d’achat.



