La hausse des défaillances d’entreprises ralentit, mais les PME restent sous pression

Malgré une augmentation de 20 % des défaillances d’entreprises sur un an, des signaux encourageants apparaissent, notamment pour les secteurs du commerce de détail et des services à la personne. Cependant, la situation reste préoccupante pour les PME de plus de 50 salariés, dont les procédures judiciaires explosent, menaçant des milliers d’emplois.

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La hausse des défaillances d’entreprises ralentit, mais les PME restent sous pression
La hausse des défaillances d’entreprises ralentit, mais les PME restent sous pression © journaldeleconomie.fr

Les défaillances d’entreprises en recul, mais toujours élevées

Le cabinet Altares a annoncé que 13.429 défaillances d’entreprises avaient été enregistrées au troisième trimestre 2024. Si ce chiffre représente une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente, il marque un recul par rapport au deuxième trimestre, qui avait connu 16.400 défaillances. Cette tendance, bien que positive, montre que la situation reste fragile pour les entreprises françaises.

Selon Thierry Millon, directeur des études chez Altares, « le nombre de défaillances atteint un record de 66.000 sur une année glissante ». Ce chiffre impressionnant est toutefois à nuancer. En effet, la France reste dans une situation moins alarmante que la moyenne des cinq dernières années post-Covid, estimée à 45.500 défaillances annuelles.

Le secteur du commerce de détail, particulièrement touché ces dernières années, connaît une amélioration notable. Altares rapporte une baisse de 7 % des défaillances dans le commerce alimentaire, ainsi qu’une décélération dans la restauration, malgré une hausse de 19 % pour les restaurants à table. Dans l’habillement, secteur en difficulté depuis longtemps, les défaillances augmentent de 16 %, mais les perspectives s’améliorent progressivement.

Les PME-ETI : une menace pour l’emploi

Les très petites entreprises (TPE), comptant moins de cinq salariés, continuent d’être les plus affectées. Elles représentent 86 % des défaillances recensées. Le troisième trimestre a vu 11.600 de ces petites structures tomber en difficulté, soit une hausse de 20 % par rapport à la même période en 2023. La majorité d’entre elles n’ont pas réussi à maintenir leur activité, trois quarts ayant directement été placées en liquidation judiciaire.

En revanche, les PME de moins de 50 salariés semblent mieux résister à la crise. Le nombre de procédures ouvertes à leur encontre a augmenté de seulement 13 %, et moins de la moitié (45 %) ont été directement liquidées. La poursuite d’activité est privilégiée pour ces entreprises, un signe positif pour la stabilité de l’emploi dans ce segment.

La situation est bien plus inquiétante pour les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire) de plus de 50 salariés, dont les défaillances ont bondi de 47 % au cours du troisième trimestre. Selon Altares, 106 de ces entreprises ont ouvert des procédures judiciaires sur cette période, contre 72 l’an dernier. Cette augmentation rapide entraîne des conséquences lourdes sur le marché du travail, avec près de 52.000 emplois menacés, dont 20.000 directement liés à des liquidations.

Thierry Millon rappelle que la fragilité de ces PME représente un risque pour leurs fournisseurs et pour l’ensemble de l’économie, en raison de leur poids plus important sur l’emploi. « Le point de vigilance portera moins sur le nombre historique de défaillances que sur la fragilité des PME et ETI », explique-t-il.

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