La troisième édition du Panorama des générosités révèle une hausse des dons en France, qui a dépassé les 9 milliards d’euros en 2022. Portée par les particuliers et les entreprises, cette solidarité se manifeste malgré un contexte économique difficile, avec une montée des libéralités et une forte concentration des dons sur les ménages les plus aisés.
Un élan de générosité renforcé malgré les crises
Les Français continuent de se montrer généreux, comme le souligne le dernier Panorama des générosités dévoilé par La Croix. L’étude, publiée tous les trois ans par France Générosités, révèle que les dons destinés aux organismes d’intérêt général ont progressé de 8 % par rapport à la précédente édition, pour atteindre un total de 9,225 milliards d’euros en 2022. Ce chiffre inclut à la fois les dons déclarés au fisc et les contributions non officielles comme les dons en nature ou les arrondis en caisse.
La générosité individuelle reste majoritaire, représentant 58 % du montant total, tandis que les entreprises contribuent à hauteur de 42 %. Cette progression s’inscrit dans un contexte difficile, marqué par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et une inflation croissante. « Les Français ont été au rendez-vous malgré les tensions économiques et sociales », se félicite Laurence Lepetit, déléguée générale de France Générosités.
Parmi les formes de dons analysées, on retrouve les versements aux associations caritatives, les collectes lors d’événements solidaires, ou encore les libéralités comme les legs et assurances-vie, dont la croissance est estimée à 5 % par an depuis 2005. Ces dernières, souvent effectuées par des seniors, représentent désormais 1,27 milliard d’euros, un chiffre en constante augmentation.
Un don concentré sur les plus aisés et les seniors
Si les indicateurs sont globalement positifs, l’étude met en lumière une concentration croissante des dons sur les foyers fiscaux les plus aisés. Ces derniers représentent 28 % des ménages donateurs, mais fournissent à eux seuls 51 % des montants déclarés. Les plus de 70 ans, quant à eux, sont les piliers de cette générosité, avec une légère hausse de leur part parmi les donateurs. En revanche, les campagnes exceptionnelles, comme celles liées à la guerre en Ukraine ou au Covid, ont aussi mobilisé un public plus ponctuel, estimé à 7 % des donateurs.
Cette forte dépendance à une base restreinte préoccupe les associations et fondations, qui cherchent à diversifier leur audience. Enfin, le secteur s’organise pour mieux capter le potentiel des libéralités, un domaine encore sous-exploité. Seuls 2 % des Français de plus de 50 ans réalisent un legs, bien que 9 % s’y disent favorables. « Le potentiel de croissance est énorme », conclut Nadège Rodrigues, de France Générosités.
Ainsi, malgré un environnement économique tendu, la solidarité en France reste une force vive, à la fois source d’espoir et terrain d’évolution pour les acteurs du secteur.


