En décembre, la production manufacturière française a enregistré sa plus forte contraction depuis mai 2020, selon l’indice PMI de S&P Global et HCOB. Une tendance qui inquiète alors que les perspectives pour 2025 s’annoncent peu optimistes.
La production au plus bas depuis plus de trois ans
La production manufacturière française a atteint un niveau historiquement bas en décembre, avec un indice PMI à 41,9 contre 43,1 en novembre. Ce chiffre, en deçà de la barre des 50, signale une contraction marquée de l’activité, selon le rapport publié par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB).
Cette baisse s’explique par une diminution notable des commandes, particulièrement dans les secteurs de l’automobile et du bâtiment. « La production a affiché son plus fort repli depuis mai 2020 sous l’effet d’une nouvelle baisse marquée du volume global des nouvelles commandes », précise le communiqué. En outre, les ventes à l’export ont poursuivi leur tendance à la baisse, reflet d’une demande internationale morose qui perdure depuis près de trois ans.
Conséquence directe de ce contexte difficile : les stocks des entreprises manufacturières ont reculé, tandis que les effectifs ont diminué à un rythme plus rapide qu’en novembre. Les fabricants ont également réduit leurs prix de vente dans une tentative de stimuler leurs ventes, souligne le rapport.
Une année 2025 sous le signe de l’incertitude
Le pessimisme règne parmi les industriels français. Les entreprises interrogées envisagent avec inquiétude l’année à venir, craignant une faiblesse persistante de la demande et un climat politique incertain. « Les prévisions de production pour les douze prochains mois restent négatives », souligne Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la Hamburg Commercial Bank.
Ce dernier ajoute que la situation industrielle pourrait encore se dégrader. « La crise industrielle française s’aggrave. Il est peu probable que l’année 2025 soit plus porteuse. »
La baisse des dépenses d’investissement des clients accentue également cette tendance. Cette contraction de l’activité manufacturière reflète un environnement structurellement défavorable à la demande, tant sur le plan national qu’international.
Alors que l’industrie manufacturière française traverse une période critique, les incertitudes politiques et économiques semblent peser lourdement sur les perspectives d’une reprise rapide. Dans ce contexte, les acteurs du secteur devront s’adapter à un marché en pleine mutation pour surmonter cette phase de ralentissement prolongé.



