Des négociations sous tension : la grande distribution accuse les industriels

Publié le
Lecture : 2 min
Shopping Carts 1275480 1280
Des négociations sous tension : la grande distribution accuse les industriels | journaldeleconomie.fr

Les négociations commerciales annuelles entre grandes surfaces et industriels débutent dans un climat tendu. Face aux demandes de hausses tarifaires, les distributeurs dénoncent des pratiques qu’ils jugent injustifiées et préoccupantes pour le pouvoir d’achat des Français.

Des hausses « irresponsables » selon Intermarché

Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires/Intermarché, a vivement critiqué les industriels lors d’une intervention sur France Info. À l’ouverture des négociations commerciales annuelles, il a dénoncé des hausses tarifaires de l’ordre de 6 % à 8 %, qu’il juge « totalement décorrélées de la réalité économique ». Ces négociations, cruciales pour fixer les conditions d’achat des produits alimentaires pour l’année à venir, s’étalent de décembre à mars.

Pour 2025, après une période marquée par une forte inflation, la grande distribution espérait des baisses de prix. Selon Thierry Cotillard, les coûts de production, comme le gaz, les emballages ou les matières premières agricoles, sont en baisse pour la plupart, à l’exception notable du beurre et du cacao. Il accuse certaines grandes marques de chercher à préserver leurs marges pour « nourrir le dividende des actionnaires », tout en saluant le comportement « raisonnable » des petites et moyennes entreprises (PME), dont les demandes de hausse avoisinent les 2,8 %.

Cette situation inquiète aussi Dominique Schelcher, président de Coopérative U. Sur RMC, il a confirmé des demandes de hausses similaires de la part de certains industriels, allant parfois jusqu’à deux chiffres. Ces augmentations, selon lui, ne tiennent pas compte de la baisse des prix d’ingrédients clés comme le sucre, le blé ou les huiles.

Une bataille à suivre jusqu’au 1er mars

Le dirigeant déplore l’impact prolongé de l’inflation sur les comportements d’achat des Français, soulignant une tendance à « aller à l’essentiel ». Les consommateurs, fragilisés par « le choc inflationniste le plus dur depuis 40 ans », se tournent désormais vers des solutions économiques, délaissant les produits festifs. « C’était un Noël à la raclette, pas à la belle volaille », résume-t-il, notant une forte demande pour des produits bon marché, comme les plateaux de raclette, tandis que les ventes de fruits de mer ont plongé.

Alors que les négociations se poursuivent jusqu’au printemps, les distributeurs espèrent inverser la tendance et obtenir des baisses de tarifs. Michel-Edouard Leclerc, président du leader de la grande distribution E.Leclerc, a également dénoncé « une inflation spéculative » et promis de chercher des baisses de prix pour soutenir le pouvoir d’achat des Français.

Si certains industriels pointent encore des tensions sur des produits comme le café, la grande distribution reste unanime : pour relancer la consommation et répondre aux attentes des ménages, il est impératif de revoir les stratégies tarifaires des grands groupes. Ces prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir des prix en rayon et, plus largement, pour le quotidien des consommateurs.

Laisser un commentaire

Share to...