L’opérateur Orange amorce une transition majeure en planifiant le démantèlement complet de son réseau cuivre d’ici à 2032. Ce projet d’envergure, qui touche un million de kilomètres de câbles, vise à recycler une ressource précieuse : le cuivre, surnommé « l’or rouge ».
Extinction planifiée du réseau cuivre
Orange entame une étape historique avec l’arrêt progressif de son réseau cuivre, qui supporte encore l’ADSL. Le processus commence cette semaine dans 162 communes et s’étendra jusqu’en 2030, avant que le démontage des câbles ne débute véritablement en 2025. Ces câbles, d’une longueur totale d’un million de kilomètres, représentent une ressource colossale, leur valeur pouvant dépasser les 9.000 dollars la tonne sur les marchés.
L’objectif est clair : donner une seconde vie à ces infrastructures vieillissantes, tout en générant des fonds pour financer ce démantèlement logistique et coûteux. Selon Bénédicte Javelot, directrice des projets stratégiques d’Orange France, ce chantier n’est pas une simple opportunité financière. « Notre projet est de financer le décommissionnement du réseau par le recyclage du cuivre », explique-t-elle aux Échos, tout en rappelant que ce travail nécessite des investissements logistiques importants.
Orange a récemment lancé un appel d’offres pour sélectionner les entreprises de BTP chargées de collecter les câbles. D’autres appels suivront, notamment au printemps, pour recruter les recycleurs qui traiteront cette matière précieuse. Entre 2025 et 2032, ce projet devrait injecter plusieurs centaines de milliers de tonnes de cuivre sur le marché, représentant un pactole estimé à plusieurs milliards d’euros.
Une manne pour la filière du recyclage
Cependant, ce volume massif impose des défis considérables à la filière française du recyclage. Les acteurs majeurs tels que Veolia, Derichebourg et Suez se positionnent pour gérer ces flux. Malgré ces efforts, une partie importante du cuivre devra être exportée pour être traitée dans des fonderies étrangères, notamment en Belgique, en Espagne et en Allemagne, en raison des capacités limitées des infrastructures françaises.
Dans un souci environnemental, Orange s’engage à minimiser les distances de transport et à s’approvisionner auprès de recycleurs proches, en cohérence avec son ambition de neutralité carbone d’ici 2040. Néanmoins, l’État devra veiller à maximiser les retombées économiques et industrielles en France, alors que des tensions sur les ressources mondiales de cuivre se profilent.
Avec ce projet, Orange inaugure une transition technologique et environnementale, tout en offrant une opportunité unique à la filière française du recyclage. Mais cette initiative soulève aussi des interrogations sur la capacité de l’industrie nationale à valoriser pleinement cet « or rouge » face à une demande mondiale croissante.



