Coup de tonnerre. Dans l’affaire portant sur les assistants parlementaires européens du Front national (FN, ex‑Rassemblement national), le tribunal correctionnel de Paris a infligé à Marine Le Pen, ce lundi 31 mars 2025, la peine la plus lourde réquise par le ministère public à son encontre. Celle-ci est assortie d’une exécution immédiate. Un jugement qui empêche pour la chef du premier parti de France, à ce stade, toute candidature électorale d’ici à 2030.
Une condamnation avec effet immédiat pour Marine Le Pen
Marine Le Pen a été condamnée, ce lundi 31 mars 2025, à quatre années d’emprisonnement, dont deux ferme pouvant faire l’objet d’un aménagement sous surveillance électronique. Elle doit également s’acquitter d’une amende de 100 000 euros. Mais c’est la peine d’inéligibilité, fixée à cinq ans et rendue immédiatement applicable, qui marque un véritable séisme politique. Cette disposition interdit en effet à Marine Le Pen toute candidature à venir jusqu’à 2030, notamment la plus importante : la présidentielle de 2027, tant que la décision n’a pas été infirmée par une juridiction d’appel, mais ses chances de voir sa peine être réduite sont très faibles au vu du temps que pourrait prendre cette procédure.
Le jugement a également visé douze ex‑assistants parlementaires et huit anciens eurodéputés du Front national. Parmi les personnalités concernées figurent notamment Yann Le Pen, sœur de Marine Le Pen, Bruno Gollnisch, ancien vice‑président du FN, et Julien Odoul (député de l’Yonne et porte‑parole du Rassemblement national). Tous ont été reconnus coupables et condamnés à des peines spécifiques.
Des contrats d’assistants parlementaires européens du FN
Le dossier instruit par la justice française concerne la période comprise entre 2009 et 2016. Le tribunal a estimé que plusieurs collaborateurs du Front national, rémunérés par les fonds du Parlement européen, ont exercé des fonctions strictement liées au parti, en contradiction avec leur statut de personnels d’assistance parlementaire.
Les magistrats ont évalué le montant des détournements à plusieurs centaines de milliers d’euros. Le parquet, lors du procès, avait évoqué une stratégie destinée à financer le développement du parti à travers un usage détourné de ressources publiques européennes. Le Rassemblement national a lui aussi été sanctionné financièrement, en tant que personne morale, pour sa responsabilité dans la mise en œuvre de cette organisation.


