Vacances de printemps : les Français préfèrent désormais la montagne

Alors que la saison printanière marque traditionnellement l’ouverture de la période touristique, les Français révèlent en 2025 des choix de destinations en mutation. Une nouvelle dynamique semble s’installer dans les préférences de vacances, modifiant les équilibres habituels entre littoral et reliefs.

Publié le
Lecture : 3 min
vacances-printemps-francais-la-montagne
vacances-printemps-francais-la-montagne | journaldeleconomie.fr

Alors que la saison printanière marque traditionnellement l’ouverture de la période touristique, les Français révèlent en 2025 des choix de destinations en mutation. Une nouvelle dynamique semble s’installer dans les préférences de vacances, modifiant les équilibres habituels entre littoral et reliefs.

Le 3 avril 2025, PAP Vacances a publié une étude quantitative reposant sur 16 900 demandes de réservations enregistrées pour la période du 5 avril au 5 mai 2025. L’analyse, qui compare les chiffres à ceux de 2024, met en lumière une évolution notable dans les comportements de départ des Français. Alors que le littoral semble connaître un léger recul, les stations de montagne enregistrent une croissance significative, témoignant d’un repositionnement de l’offre et d’une adaptation des usages. Ce changement de paradigme illustre les effets conjoints d’évolutions météorologiques, budgétaires et structurelles sur le secteur du tourisme au printemps.

Une progression marquée des séjours à la montagne

L’un des enseignements majeurs de cette enquête réside dans la nette progression des réservations vers les destinations alpines et pyrénéennes. Selon les données transmises par PAP Vacances, les séjours en montagne connaissent une augmentation de 23,6 % au printemps 2025, comparée à la même période de l’année précédente. Cette tendance est particulièrement marquée dans des stations d’altitude comme Tignes, Val Thorens ou Val d’Isère, qui bénéficient d’une offre prolongée de ski grâce à un enneigement tardif.

Outre cet avantage saisonnier, plusieurs facteurs contribuent à ce regain d’intérêt. Les tarifs plus modérés au printemps par rapport à la période hivernale permettent un accès élargi à une clientèle plus diversifiée. La baisse des prix est observable tant sur les hébergements que sur les forfaits de remontées mécaniques, avec des réductions pouvant atteindre 50 % selon les stations.

L’élargissement de l’offre d’activités contribue aussi à renforcer l’attractivité de la montagne hors-saison. De nombreuses stations développent des parcours de randonnée, de trail ou des infrastructures de loisirs outdoor, visant à capter une clientèle à la recherche d’expériences sportives ou de nature, au-delà du ski traditionnel. Les massifs plus modestes, comme les Vosges (+19,1 %) ou les Pyrénées (+17,3 %), bénéficient également de cette dynamique.

Une fréquentation plus contrastée sur le littoral

Dans le même temps, les destinations balnéaires enregistrent une baisse globale des réservations de l’ordre de –3,6 % au niveau national, avec des variations régionales significatives. La Côte d’Azur, traditionnellement très prisée, connaît un recul marqué de –9,2 %, tandis que la Bretagne et la Loire-Atlantique enregistrent des baisses atteignant –11,3 %.

Plusieurs explications peuvent être avancées. Les incertitudes météorologiques printanières sur la façade nord-ouest, conjuguées à un niveau de prix encore élevé sur la Côte d’Azur, constituent des facteurs dissuasifs pour certains vacanciers. Ces destinations restent fortement valorisées en haute saison, mais peinent à maintenir leur compétitivité hors période estivale.

À l’inverse, certaines portions du littoral affichent une dynamique positive. Le Sud de la façade atlantique, incluant la Vendée, la Charente-Maritime et la Gironde, connaît une croissance notable, avec des hausses respectives de +12,9 %pour Vendée-Charente, +15 % pour la Gironde et +18,6 % pour l’ensemble de l’Atlantique Sud. Ces régions bénéficient d’un climat plus favorable dès avril et d’une offre tarifaire généralement inférieure à celle du littoral méditerranéen. À titre d’illustration, le prix moyen d’une location hebdomadaire pour un appartement y est évalué à environ 456 euros, contre 578 euros sur la Côte d’Azur.

Une stratégie budgétaire plus affirmée des ménages

Les arbitrages opérés par les ménages traduisent une volonté de mieux répartir les dépenses annuelles de vacances, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de l’énergie, des transports et de l’alimentation. La saison d’hiver 2025, très concentrée sur la montagne, a généré des dépenses importantes pour de nombreux foyers. En conséquence, le printemps apparaît comme une période propice à la recherche de séjours plus économiques, sans sacrifier la qualité de l’expérience.

La montagne, avec ses tarifs plus souples et son panel d’activités de plein air accessibles, apparaît comme une option rationnelle, notamment pour les familles. Le phénomène est accentué par une évolution des formats de séjour : les courts séjours ou week-ends prolongés sont privilégiés, notamment à l’occasion des ponts du mois de mai. Une enquête relayée par Le Figaro le 28 mars 2025 indique que 67 % des Français prévoient un départ pendant le printemps, un taux en hausse par rapport aux années précédentes.

Les prestataires touristiques ont, de leur côté, adapté leur communication et leurs offres à cette nouvelle donne. Les formules promotionnelles, les offres de dernière minute et la diversification des activités proposées en montagne s’inscrivent dans une logique d’ajustement à la saisonnalité et à l’évolution des comportements des vacanciers.

Une redistribution des flux touristiques à surveiller

Ces données laissent entrevoir une redistribution progressive des flux touristiques intra-nationaux. La croissance des réservations vers la montagne, soutenue par des conditions naturelles favorables et une stratégie tarifaire plus flexible, confirme que la saison printanière peut constituer un véritable levier pour des territoires historiquement perçus comme hivernaux.

À l’inverse, la baisse de fréquentation de certaines zones littorales pourrait, si elle se confirmait sur plusieurs saisons, nécessiter un repositionnement de l’offre touristique dans ces régions, notamment en matière de tarification, d’événementiel et d’activités complémentaires à l’environnement balnéaire.

Du point de vue économique, ces ajustements suggèrent une reconfiguration de la chaîne de valeur du tourisme français, qui demeure l’un des secteurs stratégiques de l’économie nationale. D’après les dernières données du ministère de l’Économie, les recettes touristiques internationales ont progressé de 8 % au mois de janvier 2025, atteignant 5 milliards d’euros, signalant un dynamisme global du secteur, mais aussi une nécessité d’adaptation permanente face à des comportements de consommation de plus en plus évolutifs.

Laisser un commentaire

Share to...