Une guerre silencieuse menace jusqu’à 20 000 emplois en France

Entre 150 000 et 200 000 emplois menacés en Europe : la chimie est sous pression face à la concurrence déloyale.

Publié le
Lecture : 2 min
L'industrie chimique européenne sous pression à cause du clash sino-américain
Une guerre silencieuse menace jusqu’à 20 000 emplois en France © journaldeleconomie.fr

Le différend commercial qui oppose les États-Unis et la Chine entraîne des répercussions inattendues pour la chimie en Europe. Ce secteur, qui englobe notamment les produits parapétroliers et pharmaceutiques, risque de voir plusieurs sites fermer en raison de la concurrence féroce et du dumping pratiqué par ces deux géants économiques. Cette situation inquiète non seulement les entreprises, mais aussi les milliers d’emplois qu’elles génèrent.

Un coup dur pour la chimie

L’Union européenne se retrouve dans une position compliquée avec 200 à 350 sites industriels menacés de fermeture, dont 47 en France. Ce scénario pourrait mettre en péril entre 150 000 et 200 000 emplois en Europe, et plus précisément entre 15 000 et 20 000 emplois en France (Sudouest). Ce risque est amplifié par le dumping, une pratique dénoncée par Frédéric Gauchet, président de l’association France Chimie, qui explique : « Nous sommes pris en étau ». Selon lui, la situation actuelle pourrait pousser encore plus d’acteurs à baisser leurs prix, fragilisant d’autant la chimie européenne.

Focus sur les chiffres et les faiblesses

Les chiffres en disent long : des produits chinois d’une valeur estimée entre 10 à 20 milliards d’euros pourraient inonder le marché européen, contre 5 à 10 milliards d’euros pour ceux venant des États-Unis. Avec des droits de douane européens fixés à seulement 3 %, les industriels locaux peinent à rivaliser quand on compare avec des coûts de production bien plus bas à l’étranger. Par ailleurs, l’Europe doit composer avec des tarifs énergétiques élevés, des surcapacités mondiales et une pression réglementaire et fiscale qui ne facilite pas la tâche.

Frédéric Gauchet précise aussi que la Chine a mis le paquet en investissant massivement dans des usines ultra-modernes dont les coûts d’exploitation sont bien inférieurs à ceux en Europe. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a, quant à elle, permis à la Chine de se procurer des matières premières à moindre coût.

Secousses pour certains produits

Côté « amont », la chimie, qui produit des articles de base comme l’acide nitrique, est particulièrement vulnérable. Frédéric Gauchet nous met en garde : « Il est possible qu’il n’y ait plus du tout de production d’acide nitrique en Europe si on ne fait rien ». Cette prédiction inquiétante souligne les difficultés que rencontrent les industriels européens face au dumping, pratiqué aussi bien par la Chine que par les États-Unis et l’Égypte sur le plastique PVC.

Sous la pression de cette concurrence déloyale, il est fort probable que certaines usines européennes, moins compétitives, soient contraintes de fermer. Ce recul entraînerait une baisse du chiffre d’affaires pour la chimie française d’ici 2025, renforçant les inquiétudes de Frédéric Gauchet sur une Europe qui s’affaiblit dans ce secteur primordial.

Laisser un commentaire

Share to...