L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, engage un virage stratégique en rachetant Relativity Space. Comme le rapportent nos confrères de Ars Technica, relayé par Presse citron, celui-ci envisage une réponse technologique inédite à la croissance énergétique du numérique : le déploiement de centres de données en orbite. Cette initiative repose sur une double anticipation : l’explosion de la demande liée à l’intelligence artificielle, et la saturation progressive des capacités électriques terrestres.
99 % de la consommation électrique mondiale ? Un scénario envisagé au Congrès
Lors d’une audition parlementaire en avril 2025, Eric Schmidt, ex-patron de Google, a affirmé devant le Congrès américain : « Des centres de données de 10 gigawatts sont en cours de planification. Cela vous donne une idée de l’ampleur de cette crise. » (Ars Technica). Il poursuit avec des projections chiffrées : « Les centres de données nécessiteront 29 gigawatts supplémentaires d’électricité d’ici 2027, et 67 gigawatts de plus d’ici 2030 » , en raison notamment, du développement de l’intelligence artificielle.
Eric Schmidt évoque une perspective dans laquelle les infrastructures de calcul atteindraient « 99 % de la consommation électrique mondiale », toujours selon Ars Technica. Pour contrer ce scénario, il propose une solution énergétique spatiale : des centrales solaires en orbite, capables de transmettre l’énergie par micro-ondes jusqu’à des stations terrestres. Il cite les tests en cours à l’université Caltech, ainsi que les ambitions similaires portées par la Chine, comme références techniques.
Acquisition de Relativity Space
L’acquisition de Relativity Space, réalisée en mars 2025, permet à Eric Schmidt d’accéder à un système de lancement orbital privé. L’entreprise développe la fusée Terran R, capable de transporter jusqu’à 33,5 tonnes en orbite basse, et 23,5 tonnes dans sa version réutilisable (Ars Technica). Eric Schmidt pourrait ainsi disposer d’un vecteur autonome pour déployer ses futures infrastructures numériques spatiales.
D’après Futura Sciences, ce rachat a permis d’éviter la faillite de la société, auparavant fragilisée par une surdépendance à la fabrication par impression 3D. Schmidt projette d’en faire un outil opérationnel pour son plan énergétique. Toutefois, comme l’indique Maria Gonzalez, analyste pour Orbitech Consulting dans Mezha.Media, il devra encore « obtenir des financements supplémentaires, organiser les déplacements en orbite, développer des systèmes d’alimentation spatiale et mettre au point un contrôle thermique efficace – tout en prouvant la viabilité économique du projet ».



