Feux de forêts : le successeur du Canadair se dévoile au Paris Air Show 2025

Ils sont partout. Dans les forêts, les vallées, au-dessus des maisons. Mais qui sont-ils vraiment ? Et surtout, jusqu’à quand pourront-ils encore voler ? Cet été, un nouveau venu entend leur prendre le relais. Un appareil massif, audacieux, et… 100 % français.

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Feux de forêts : le successeur du Canadair se dévoile au Paris Air Show 2025 © journaldeleconomie.fr

Ce n’est encore qu’un modèle numérique. Mais le Frégate-F100 veut déjà remplacer l’icône jaune et rouge qui sillonne nos cieux depuis trente ans. Et il a des arguments de poids.

Frégate-F100 : le pari industriel français signé Hynaero

Le Frégate-F100, présenté au salon du Bourget 2025, est la réponse française à une crise opérationnelle urgente : le vieillissement critique des Canadair. Conçu par Hynaero, jeune société fondée en 2023 par quatre experts issus des armées, de l’industrie aéronautique et de la sécurité civile, cet avion bombardier d’eau ambitionne de devenir le successeur naturel du mythique CL-415.
« Notre démarche est très pragmatique », explique David Pincet, cofondateur de l’entreprise girondine. « Nous avons un contrat de partenariat et de soutien avec la Fédération des sapeurs-pompiers de France. Nous consultons les pilotes de la sécurité civile en France, en Italie, en Grèce. »
Objectif : bâtir un appareil opérationnel conçu avec les utilisateurs. Hynaero avance avec méthode : après une levée de fonds de 1,1 million d’euros et plusieurs accords industriels (Airbus Defence and Space, Safran, Thales), la startup a entamé la phase de conception détaillée.

Avec une masse accrue de 25 % par rapport au Canadair, le Frégate-F100 affichera des capacités radicalement supérieures : 10 tonnes d’eau embarquées (contre 6 aujourd’hui), vitesse de croisière à 250 nœuds (environ 463 km/h), autonomie de 4 à 6 heures, et décollage possible depuis des plans d’eau de 800 mètres.
Ces caractéristiques techniques placent le Frégate-F100 au cœur du marché international des bombardiers d’eau, un secteur en tension avec seulement 170 appareils encore en service dans le monde. La France, de son côté, ne dispose que de 12 Canadair, dont seulement deux à cinq étaient opérationnels durant l’été 2024, selon les chiffres officiels de la Direction Générale de la Sécurité Civile.

Une réponse à l’intensification des incendies

D’après l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), les feux de forêt en France vont s’étendre à de nouvelles régions et s’intensifier dans les années à venir. L’urgence est donc double : opérationnelle et climatique.
En intégrant des moteurs Pratt & Whitney 150 (2 × 5 000 chevaux), partiellement compatibles avec les carburants SAF (Sustainable Aviation Fuel), le Frégate-F100 tente une réponse environnementale. Sa consommation estimée atteint 9 tonnes de kérosène pour huit heures de mission, générant 35 tonnes de CO₂. « Mais cette mission peut sauver dix hectares de forêt, soit 1 000 tonnes de CO₂ non rejetées », précise David Pincet. « C’est un rapport de décarbonation de 1 à 40. »

L’usine d’assemblage n’a pas encore été fixée, mais le calendrier est défini : prototypes en 2029, essais jusqu’en 2031, puis entrée en service opérationnel. Un horizon qui coïncide avec le retrait prévu des Canadair actuels.
Le Frégate-F100 se positionne donc au bon moment, avec un modèle adaptable, réparable (fuselage métallique), et modulable (utilisation de composites pour la queue et les ailes). Hynaero entend bâtir un appareil qui ne soit pas seulement moderne, mais pérenne et pratique pour les équipes de terrain.

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