Une annonce fracassante, officialisée le 25 juillet 2025
Le licenciement massif annoncé par Intel le 25 juillet 2025 s’est imposé comme un tournant brutal dans l’histoire de l’entreprise. D’après le communiqué officiel publié sur son site, le groupe prévoit de supprimer plus de 34 000 postes sur l’année, soit plus de 20 % de ses effectifs mondiaux. Une onde de choc à l’échelle de la tech mondiale.
Cette coupe drastique a été confirmée à l’occasion de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2025. Intel y reconnaît une baisse de chiffre d’affaires de 15 % sur un an, malgré un redressement temporaire grâce à la vente de ses usines irlandaises à Apollo Global Management. Le montant de cette cession – 11 milliards de dollars américains, soit environ 10,1 milliards d’euros – n’a toutefois pas suffi à redresser durablement la trajectoire.
Intel choisit de se retirer de l’Europe et d’Amérique latine
Le licenciement ne concerne pas que des postes. Il s’accompagne d’un désengagement géographique majeur. Selon Le Monde Informatique, Intel « a décidé d’abandonner sa présence industrielle en Europe et en Amérique latine », fermant ou cédant toutes ses unités dans ces régions.
Cette orientation marque un revirement stratégique majeur : Intel réduit son empreinte mondiale pour se recentrer sur ses activités américaines et asiatiques, avec un accent mis sur l’intelligence artificielle (IA) et les serveurs.
Résultats en berne, investissements gelés : l’ère des sacrifices
Le licenciement est la conséquence directe de résultats financiers en chute libre. La direction parle de « refonte structurelle » et invoque des coûts d’exploitation trop élevés, combinés à une demande atone sur les marchés du PC et du cloud.
Par effet domino, plusieurs projets sont suspendus, notamment la méga-usine de Magdebourg en Allemagne. Ce chantier emblématique, initialement soutenu à hauteur de 10 milliards d’euros par l’État fédéral, est désormais en « pause indéterminée ».
Intel mise désormais sur la réduction de sa dette et le redéploiement de ses ressources vers les puces dédiées à l’IA, un segment où ses concurrents comme Nvidia ou AMD prennent l’ascendant.
Un basculement technologique… et humain
Avec ce licenciement, Intel tourne une page. Mais à quel prix ? Le groupe a précisé que les coupes concernent aussi bien la production que les services administratifs et les fonctions supports. Toutefois, « la répartition des suppressions de postes par secteur et par zone géographique n’a toutefois pas été communiquée », indique un document interne cité par Le Monde Informatique.
En toile de fond, se dessine une stratégie brutale mais cohérente : Intel se positionne pour devenir un acteur incontournable des infrastructures IA, au détriment de son rôle historique de fournisseur de puces pour ordinateurs personnels.
Pour autant, le défi reste immense. Si les économies générées pourraient atteindre 4 milliards d’euros par an, Intel devra encore prouver qu’il peut retrouver un avantage compétitif durable face à une concurrence dopée par les avancées logicielles et les modèles génératifs.
Restructurer ou s’effondrer
Ce licenciement n’est pas une parenthèse. C’est un choix stratégique assumé par Intel, face à un mur économique et technologique. À l’heure où l’industrie mondiale des semi-conducteurs se redessine autour de l’intelligence artificielle, l’entreprise joue sa survie en misant tout sur l’efficacité, la concentration, et une vision à long terme.

