Vendredi noir à New York. Après plusieurs mois de calme, les marchés américains ont brutalement décroché à la suite d’une nouvelle menace tarifaire de Donald Trump contre la Chine.
Le S&P 500 a chuté de 2,7 %, sa pire séance depuis avril, tandis que le Dow Jones a perdu 878 points (-1,9 %) et le Nasdaq 3,6 %. Une déclaration postée sur Truth Social, évoquant une « augmentation massive » des droits de douane sur les produits chinois, a suffi à provoquer la panique. Trump réagissait aux restrictions imposées par Pékin sur les exportations de terres rares, essentielles à l’industrie électronique et militaire. Il a également écarté toute rencontre prochaine avec Xi Jinping, rallumant le spectre d’une guerre commerciale totale. La correction était presque inévitable : le S&P 500 avait gagné 35 % depuis le printemps, alimenté par l’euphorie autour de l’intelligence artificielle. De nombreux analystes jugeaient ces valorisations déconnectées des bénéfices réels, rappelant la bulle Internet de 2000. Le titre Levi Strauss a ainsi plongé de 12,6 %, malgré de bons résultats trimestriels, illustrant un marché devenu hypersensible. Le choc s’est propagé : le pétrole américain a chuté de 4,2 % à 58,90 $, après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, tandis que le rendement du Trésor à 10 ans est retombé à 4,05 %. En Asie, le Hang Seng a perdu 1,7 % et le CAC 40 1,5 %, confirmant l’onde de choc mondiale. Ce plongeon rappelle à quel point les marchés demeurent vulnérables aux impulsions politiques. À un an de l’élection américaine, la rhétorique protectionniste de Trump refait surface et inquiète les investisseurs. Derrière le choc boursier, c’est la crainte d’une économie mondiale à nouveau fracturée entre Washington et Pékin qui s’installe.




