Le marché du travail français traverse une période mouvementée, avec des difficultés de recrutement qui persistent. Le dernier rapport « Besoins en Main-d’œuvre » (BMO) 2026, publié par France Travail, livre une analyse statistique détaillée des disparités géographiques des besoins de recrutement à venir. Il met en lumière un paradoxe : beaucoup de postes peu qualifiés restent pourtant difficiles à pourvoir.
Un paysage socio-économique tendu
L’économie française n’est pas au meilleur de sa forme, et l’incertitude provoquée par des facteurs géopolitiques, comme la crise au Moyen-Orient, ne facilite pas les choses. Cela complique le marché de l’emploi, surtout pour les jeunes en début de carrière, les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion professionnelle.
Le rapport souligne que les secteurs en recrutement, notamment dans les services à la personne, la restauration ou la grande distribution, pourraient toutefois offrir des opportunités concrètes à ces publics.
Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et les personnes en reconversion sont particulièrement concernés. Les compétences comportementales, motivation, capacité d’adaptation, pèsent désormais souvent plus lourd que les diplômes, ce qui rend certains emplois plus accessibles.
Les secteurs qui cherchent du monde
Le BMO 2026 identifie plusieurs secteurs en manque de candidats. Les métiers d’aides à domicile et d’auxiliaires de vie voient leur demande augmenter, en lien avec l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes. Ce secteur pourrait enregistrer près de 70 000 recrutements d’ici fin 2026.
Dans la restauration, les postes d’aides de cuisine et d’employés polyvalents représentent presque 100 000 projets de recrutement, tandis que les postes de serveurs nécessitent plus de 90 000 recrutements. Les agents d’entretien de locaux font aussi partie des profils recherchés, avec des prévisions d’embauche supérieures à 80 000 postes. Et la grande distribution vise près de 60 000 postes d’employés de libre-service, un besoin en hausse par rapport aux années précédentes.
En 2026, plus de 43 % des recrutements sont jugés difficiles, principalement à cause d’un manque de candidats adaptés et de pénurie de main-d’œuvre. La rémunération, fréquemment perçue comme insuffisante, dissuade aussi de nombreux candidats. C’est ce qui explique que des postes sans exigence de diplôme restent parfois vacants.
Face à ces obstacles, les entreprises ajustent leurs méthodes de recrutement. On observe un élargissement des critères : embauches sans diplôme, formations sur le terrain et valorisation de la motivation et de la disponibilité. Ce changement a conduit 63,1 % des recruteurs à embaucher du personnel moins qualifié que prévu initialement, et 73,7 % d’entre eux à baisser leurs exigences en matière d’expérience.




