Chaque automne, l’Insee livre sa photographie annuelle des salaires en France. L’édition 2025, consacrée à l’année 2024, montre que la rémunération moyenne a progressé dans un contexte de ralentissement de l’inflation. Si la hausse du revenu salarial améliore un peu le pouvoir d’achat des ménages, les différences restent marquées entre ouvriers et cadres, ainsi qu’entre hommes et femmes.
France : Un salaire moyen en hausse, mais de fortes disparités
Selon l’Insee, le salaire net moyen en équivalent temps plein s’élève à 2 690 euros par mois en 2024. Ce montant progresse de 3,9 % en euros courants par rapport à 2023, soit +1,1 % en euros constants une fois l’inflation prise en compte. Le salaire médian, c’est-à-dire celui qui partage la population salariée en deux, atteint 2 214 euros nets mensuels : la moitié des salariés gagne moins que ce montant, l’autre moitié davantage.
L’Insee souligne que les 10 % des salariés les moins rémunérés (1er décile) perçoivent au maximum 1 532 euros nets, tandis que les 10 % les mieux payés (9e décile) gagnent au moins 4 532 euros nets. Pour les 1 % les plus riches, le seuil dépasse 10 800 euros nets mensuels, et pour les 0,1 %, il atteint 27 000 euros nets.
Des écarts persistants entre hommes et femmes
L’étude confirme que les hommes continuent à percevoir des salaires supérieurs à ceux des femmes, même si l’écart se réduit légèrement. En 2024, à temps plein, le salaire net moyen des femmes est inférieur de 13,7 % à celui des hommes, contre 14,1 % un an plus tôt.
Concrètement, le salaire médian des femmes atteint 2 070 euros nets, contre 2 347 euros pour les hommes. L’Insee souligne que cette différence provient principalement de la répartition des métiers et du temps de travail : les femmes sont plus nombreuses dans les secteurs de services, souvent moins rémunérateurs, et occupent plus fréquemment des emplois à temps partiel.
L’écart reste plus marqué en haut de l’échelle : pour faire partie des 10 % les mieux rémunérées, une femme doit gagner au moins 4 150 euros nets, contre 4 890 euros pour un homme.
Une hiérarchie des salaires toujours marquée en France
Les revenus progressent, mais la hiérarchie salariale reste stable. Les cadres affichent un salaire net moyen de 4 690 euros mensuels, contre 2 010 euros pour les employés et 1 970 euros pour les ouvriers. Cette structure reflète le poids de la qualification, mais aussi celui de la taille des entreprises : les salariés des grandes structures gagnent en moyenne 3 070 euros nets, contre 2 250 euros dans les plus petites.
Sur le plan géographique, les salaires franciliens demeurent nettement supérieurs : +20 % en moyenne par rapport à la province, du fait de la concentration d’emplois qualifiés et de sièges sociaux. À l’inverse, les zones rurales et une partie du sud du pays enregistrent des revenus inférieurs à la moyenne nationale de 10 % à 15 %.
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), porté à 1 398 euros nets mensuels en 2024, se situe légèrement en dessous du premier décile. Sa revalorisation annuelle (+5,1 %) a contribué à soutenir les plus faibles rémunérations, sans pour autant réduire la dispersion globale.

