Le cyberharcèlement s’est imposé comme une continuité du harcèlement scolaire : les violences se propagent aujourd’hui de la salle de classe aux réseaux sociaux, des couloirs à Internet, sans interruption. D’après la dernière étude de la Caisse d’Épargne et de l’association e-Enfance/3018, rendue publique le 30 octobre 2025, 37 % des enfants et adolescents de 6 à 18 ans disent avoir subi une forme de harcèlement ou de cyberharcèlement.
Harcèlement et cyberharcèlement : un phénomène continu entre l’école et Internet
L’étude montre que le harcèlement n’est plus limité à l’espace scolaire. 71 % des situations se produisent dans les établissements et 17 % lors d’activités extrascolaires, mais elles se prolongent sur Internet. L’usage des réseaux sociaux renforce ce continuum : 65 % des enfants de primaire y possèdent déjà un compte, malgré l’interdiction légale avant 13 ans. Les moqueries de la cour se poursuivent en ligne, souvent amplifiées par des captures d’écran et des discussions collectives.
« Les chiffres sont alarmants : 37 % de nos jeunes sont confrontés au harcèlement qu’il soit physique ou en ligne », déclare Simon Cascarano, directeur du Développement B2C de la Caisse d’Épargne.
WhatsApp, réseaux sociaux : des espaces où le cyberharcèlement prospère
Le baromètre 2025 souligne que 18 % des jeunes interrogés déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement, dont 41 % via WhatsApp. Les groupes de classe constituent un foyer majeur : 25 % des cas y sont recensés. Ce cadre semi-privé, difficile à réguler, facilite la diffusion rapide d’insultes, de montages ou de moqueries, souvent répliqués par des dizaines de pairs.
Les comportements d’auteurs suivent la même logique collective. 19 % des jeunes reconnaissent avoir participé à des actes de harcèlement et 24 % disent avoir récidivé. 45 % évoquent l’effet de groupe comme moteur principal.
Souffrances psychologiques : la persistance d’un traumatisme invisible
Les conséquences du cyberharcèlement s’avèrent lourdes et durables. Selon l’étude, 25 % des victimes ont déjà envisagé de se faire du mal, et cette proportion atteint 39 % chez les filles. Les troubles recensés – perte de confiance (50 %), angoisses (42 %), isolement social – montrent que la violence numérique engendre une détresse réelle. « La souffrance des jeunes victimes de harcèlement est criante : perte de confiance, troubles anxieux, pensées suicidaires… Ces traumatismes profonds qui touchent les enfants dès le plus jeune âge ne peuvent plus être ignorés », alerte Justine Atlan, directrice générale d’e-Enfance/3018.
Face à cette omniprésence, les familles expriment une attente forte. 90 % des parents réclament une responsabilisation accrue des plateformes, 75 % soutiennent une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, et 72 % jugent nécessaire d’intégrer un suivi psychologique à l’assurance scolaire. De leur côté, les établissements scolaires sont invités à informer systématiquement les élèves sur le numéro 3018, encore méconnu de 70 % des jeunes.

