En Algérie, l’Agirc-Arrco a lancé une campagne de vérification des pensions de retraite qui inquiète pas mal les retraités vivant à l’étranger, rapporte le magazine Pleine Vie. L’idée, c’est de confirmer que les bénéficiaires existent bel et bien, surtout face à la montée de la fraude aux pensions. Environ 40 % des retraités ne répondent pas aux convocations, et du coup, leur pension se voit suspendue, parfois définitivement. Cette situation illustre bien les galères que rencontrent les expatriés et montre qu’il faut vraiment bien gérer ces prestations sociales.
La fraude aux pensions : ça coûte cher à l’état
La Cour des comptes a récemment signalé une hausse préoccupante de la fraude aux pensions versées à l’étranger. D’après Renaud Villard, directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, ces fraudes font perdre environ 60 000 000 € par an aux finances françaises. Les vérifications se concentrent sur des pays comme le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Turquie, le Royaume-Uni et Israël. En France, arrêter le versement de pensions à des personnes décédées est facilité grâce au système centralisé de l’Insee, mais c’est nettement plus compliqué à l’étranger.
Une vérification bien ciblée
L’Agirc-Arrco a mis en place, en Algérie, une campagne pluriannuelle visant à contrôler 60 000 retraités par an jusqu’en 2031, reflétant les contrôles sur les retraités en France. L’idée, c’est de réaliser au total 400 000 contrôles sur six ans. Les retraités concernés reçoivent leur convocation via leur banque et doivent se présenter avec un certificat d’existence, une pièce d’identité en cours de validité et leur acte de naissance original. Si, dans un délai de trois mois, ils ne se manifestent pas, leur pension est automatiquement suspendue.
Que se passe-t-il en cas de non-réponse ?
Le dispositif est sans appel : si un retraité ne répond pas dans les temps, sa pension est tout simplement suspendue. Par ailleurs, environ 25 % des personnes convoquées restent introuvables et perdent définitivement leurs droits à la pension. Chaque année, les retraités à l’étranger doivent fournir un certificat de vie validé par un QR code ou via le système biométrique proposé par l’application « Mon certificat de vie ». L’Assurance retraite effectue aussi des vérifications pour être sûre que les paiements sont bien effectués selon les modalités prévues.
Gérer les décès à l’étranger : un sacré casse-tête
Suivre les décès à l’étranger pose un problème supplémentaire. Certaines caisses continuent malheureusement à verser des pensions à des personnes décédées depuis longtemps. Pour compliquer encore la donne, les proches du défunt profitent parfois de ces failles pour encaisser indûment ces sommes, sans prévenir les autorités françaises.





