Le 20 février 2026, un décret a été publié dans le Journal officiel pour restreindre fortement le cadre juridique des crédits à la consommation en France. Inspiré d’une directive européenne adoptée fin 2023, ce texte marque un tournant majeur dans la protection des consommateurs. Face à la hausse des situations de surendettement, ce renforcement vise à responsabiliser prêteurs et emprunteurs et à répondre à une crise financière qui monte.
Un cadre plus strict pour mieux protéger les consommateurs
Les nouvelles règles du décret modifient en profondeur le paysage des crédits à la consommation. Elles couvrent notamment :
- les crédits sans frais ;
- les crédits de moins de 200 € ;
- les paiements fractionnés et différés ;
- les crédits à la consommation allant de 75 000 € à 100 000 € ;
- la mise en règle des contrats de location avec option d’achat (LOA).
Autrement dit, prêts personnels, crédits renouvelables, crédits affectés et mini‑crédits entrent dans ce nouveau périmètre défini par le ministère de l’Économie, confirme Le Figaro.
Le décret oblige aussi les prêteurs à donner beaucoup plus d’informations à leurs clients et les contraint à consulter le FICP pour mieux évaluer le contrôle de solvabilité avant de s’engager sur de nouvelles obligations de crédit.
Mesures ciblées pour freiner le surendettement
Les chiffres récents sur le surendettement sont préoccupants : 148 013 dossiers ont été enregistrés en France, soit une hausse de près de 10 % par rapport à l’année précédente, un niveau maximal depuis 2018. Cette augmentation s’explique en partie par une conjoncture économique et sociale difficile, mais aussi par des événements personnels comme la perte d’emploi ou des problèmes de santé.
Le gouverneur de la Banque de France a mis en garde contre les mini‑crédits et les paiements fractionnés, parlant de « drogue douce » et alertant sur les risques d’accumulation. À l’appui, il prend l’exemple de dix mini‑crédits à 200 € qui peuvent rapidement monter à 2 000 €.
Les jeunes en première ligne
Les jeunes ménages sont particulièrement touchés. Le nombre de dossiers déposés par les moins de 30 ans a bondi de 36 % en un an, passant de 12 500 dossiers en 2024 à 17 000 en 2025. Le segment des 18‑25 ans est encore plus frappant : +65 %, soit environ 5 000 dossiers en 2025. Ces chiffres montrent une fragilité plus marquée chez les jeunes générations qui jonglent entre prêts étudiants, projets de vie et emplois précaires.







