Le conflit actuel au Moyen-Orient, et plus particulièrement en Iran, pèse lourdement sur l’économie mondiale. En France, la situation géopolitique provoque une hausse de l’inflation, qui touche le pouvoir d’achat des citoyens et joue sur le taux du fameux Livret A, produit d’épargne très populaire.
Ce qui se joue côté économie
Cela fait désormais plus de deux mois que la région du Moyen-Orient est traversée par des tensions croissantes, avec une guerre qui se déroule en Iran. Selon les données de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), l’inflation en France a atteint 2,2% en avril, contre 1,7% en mars. Dans la zone euro, l’inflation était encore plus élevée, à 3% en avril.
Parmi les facteurs qui poussent l’inflation, on retrouve notamment la hausse continue des prix des carburants, l’une des conséquences directes du conflit iranien. Le risque que cette inflation touche d’autres secteurs, produits alimentaires, produits industriels et, à terme, les salaires en France, est bien réel. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, a expliqué à RMC Conso que l’inflation pourrait « se hisser jusqu’à 3% d’ici le mois de juin » si la situation perdure.
Le Livret A : dans l’attente
Le Livret A dont le taux actuel est de 1,5%, est traditionnellement réexaminé deux fois par an. La prochaine réévaluation est prévue pour le 1er août. Philippe Crevel a estimé que ce taux pourrait « passer de 1,5% à 1,8% », voire atteindre 2% dans certaines conditions.
Pour calculer ce taux, la formule prend en compte notamment l’inflation des six derniers mois ainsi que les taux directeurs de la BCE, représentés par le taux €ster, qui est stable actuellement à environ 1,93%. Dans un scénario où l’€ster monterait jusqu’à 2,1%, le taux du Livret A monterait mécaniquement à environ 2%.
Les décisions politiques à venir
La décision finale sur le taux du Livret A revient au ministre de l’Économie. Bruno Le Maire avait gelé ce taux à 3% en août 2023, alors qu’une application stricte de la formule aurait donné 4,1%. Ce gel est maintenu jusqu’en février 2025.
Le gouvernement peut être tenté de ne pas augmenter le taux du Livret A pour limiter le coût indirect pour l’État. Il pourrait aussi arguer que la situation actuelle est « exceptionnelle et incertaine », justifiant ainsi une dérogation à la formule standard.





