Smartphones : combien pouvez-vous récupérer à la revente ?

Le marché des smartphones d’occasion continue de progresser, porté par des prix de reprise plus élevés. En moyenne, un appareil revendu rapporte désormais 189 euros, soit 19 euros de plus qu’un an auparavant.

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La valeur d’un smartphone peut désormais être intégrée au financement de son remplacement. | journaldeleconomie.fr

La revente d’un smartphone devient un réflexe au moment de changer de modèle. Entre hausse des montants proposés, décote mieux anticipée et essor des offres de reprise, l’ancien téléphone s’intègre de plus en plus au budget du nouvel achat.

Smartphones : la revente entre dans le budget du prochain achat

Acheter un téléphone, l’utiliser pendant quelques années, puis le laisser dormir dans un tiroir : ce parcours pourrait progressivement perdre du terrain. La hausse des prix de reprise incite désormais les propriétaires de smartphones à considérer leur ancien appareil comme un apport au moment d’en changer.

Selon la troisième édition de l’Indice de la Reprise 2026, fondée sur les appareils traités par Recommerce au cours des douze derniers mois, un téléphone revendu rapporte en moyenne 189 euros. Le montant atteignait 170 euros en 2025, ce qui représente une augmentation supérieure à 10%. L’entreprise explique notamment cette progression par la remise en circulation de modèles de plus grande valeur.  

Cette somme peut couvrir une partie non négligeable du prix d’un nouvel appareil. Le phénomène accompagne une évolution plus large des comportements : d’après le Baromètre Recommerce 2026, réalisé avec Kantar, 37% des personnes interrogées disent céder leur ancien téléphone afin de financer le suivant. Près d’un tiers recherchent aussi un paiement immédiat ou une réduction directement appliquée à leur achat. 

La reprise n’intervient donc plus uniquement après la décision de changer de téléphone. Elle commence à entrer dans le calcul effectué avant même l’achat. Certains programmes proposent d’ailleurs de déterminer dès l’acquisition le montant auquel l’appareil pourra être racheté plus tard, sous réserve du respect de conditions portant notamment sur son état.

Cette « reprise à terme » a donné lieu à plus de 200.000 engagements en Europe en 2025, selon l’Indice de la Reprise 2026. Recommerce exploite plus de dix programmes de ce type, qui permettent au consommateur de connaître à l’avance une partie du budget dont il disposera pour son prochain équipement.  

Augustin Becquet, directeur général de Recommerce, estime que « l’augmentation des volumes et de la valeur de reprise prouve que revendre son appareil est devenu un levier de financement tangible pour les consommateurs »

Occasion : l’état du téléphone compte autant que son âge

Tous les smartphones ne se revendent évidemment pas 189 euros. Le modèle, la date de commercialisation, la capacité de stockage et l’état général de l’appareil font fortement varier les estimations.

Les téléphones haut de gamme conservent les valeurs résiduelles les plus importantes. D’après l’Indice de la Reprise 2026, un iPhone 15 pouvait encore rapporter en moyenne 33% de son prix de lancement au cours de l’année de sortie de l’iPhone 17. Cette proportion atteignait 25% pour l’iPhone 14 et 20% pour l’iPhone 13. Même un iPhone 11 conservait une valeur moyenne équivalente à 9% de son tarif initial.  

La tendance ne concerne pas uniquement Apple. Lors de la commercialisation du Galaxy S26, un Galaxy S25 permettait encore de récupérer environ 34% de son prix d’origine. Le taux descendait à 30% pour le Galaxy S24 et à 20% pour le Galaxy S23.  

La baisse de valeur est particulièrement marquée pendant les premiers mois suivant l’achat, avant de devenir plus régulière. Augustin Becquet précise que « après la décote initiale de la première année, la valeur d’un smartphone décroît de manière stable, perdant près de 15% par an ». Il situe ainsi entre la deuxième et la troisième année le moment le plus avantageux financièrement pour procéder à la revente.  

Ce calendrier ne suffit cependant pas à garantir une bonne offre. Un écran cassé, une batterie très affaiblie ou une coque fortement endommagée peuvent réduire sensiblement le prix proposé. À l’inverse, un appareil correctement protégé et encore compatible avec les mises à jour logicielles reste plus facile à remettre sur le marché.

Les lancements d’iPhone et de Galaxy déclenchent les reventes

Le marché de la reprise suit désormais le rythme des annonces des constructeurs. Lorsqu’une nouvelle génération arrive, une partie des utilisateurs revend rapidement son ancien modèle pour réduire le coût du renouvellement.

Après la sortie de l’iPhone 17, Apple a représenté près de 80% des reprises traitées par Recommerce au cours du mois suivant. La commercialisation du Galaxy S26 a produit un mouvement comparable chez Samsung, dont les appareils ont alors pesé plus du tiers des volumes repris sur la période.  

Les modèles Galaxy S ont atteint une valeur moyenne de reprise proche de 187 euros, en progression de 19% sur un an. Dans le même temps, la part des téléphones Google parmi les appareils repris a augmenté de 64%, tandis que celle de Xiaomi a progressé de près de 20%.  

Apple conserve néanmoins une place dominante. L’iPhone 13 arrive en tête des smartphones les plus fréquemment repris, devant les iPhone 15 et 14. L’iPhone 11 et l’iPhone 12 complètent les cinq premières places. Les Galaxy S23 5G et S22 5G sont les deux seuls appareils Samsung présents dans les dix premiers.  

Ce classement montre que le prix de revente ne dépend pas seulement de la nouveauté. Un modèle largement diffusé, recherché sur le marché de l’occasion et encore utilisable pendant plusieurs années peut conserver une cote suffisamment élevée pour rester attractif.

Le prix de reprise ne lève pas tous les freins

L’intérêt pour la seconde main est désormais solidement installé. Selon le Baromètre Recommerce 2026, 50% des Français ont déjà acheté un smartphone d’occasion, contre 24% en 2019. Les appareils de seconde main représentent 22% des téléphones détenus en France. 

La revente progresse elle aussi. Quelque 44% des Français envisagent de céder leur appareil lors de leur prochain changement, soit sept points de plus en un an. Cette proportion dépasse désormais celle des personnes qui préfèrent conserver leur ancien téléphone, évaluée à 33%.   

Le montant proposé ne suffit toutefois pas à convaincre tous les propriétaires. La protection des informations personnelles reste déterminante : 80% des Français réclament une certification garantissant l’effacement des données. Ils sont également 71% à vouloir connaître précisément l’identité du reconditionneur et 63% à demander un label délivré par un organisme indépendant. 

Les opérateurs sont particulièrement attendus sur ce terrain. Le baromètre indique que 76% des personnes interrogées souhaiteraient que leur opérateur propose un service de reprise. Le développement du marché dépendra donc autant de la simplicité et de la transparence du parcours que de la progression des prix proposés.

Augustin Becquet résume cette évolution en affirmant que « dans un contexte où les smartphones neufs coûtent de plus en plus cher, la revente immédiate devient un levier de pouvoir d’achat pour l’utilisateur »

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