Une vague de chaleur exceptionnelle touche la France. Pour protéger les voyageurs et le matériel, la SNCF a réagi face aux perturbations ferroviaires. En Île-de-France, 10 % des trains ont été supprimés cette semaine à cause des températures extrêmes. Ces décisions soulèvent une question : pourquoi agir ainsi quand d’autres régions du monde paraissent mieux s’accommoder de climats comparables ?
Comment la chaleur abîme les voies et les équipements
Les voies françaises réagissent mal à la hausse des températures. Les rails peuvent atteindre, voire dépasser 60 °C, ce qui provoque des déformations parfois dangereuses. John Lawrence, président de l’IET, le souligne dans La Tribune : « les déformations de rails et les ruptures de câbles électriques sont les points les plus inquiétants pour les ingénieurs ».
Les caténaires, qui alimentent les trains en électricité, s’étirent et se déforment elles aussi. Le risque d’arrachage grandit alors au passage des rames.
Pour limiter les risques, la SNCF a retiré pour un temps certaines rames, en particulier les Corail de la fin des années 1970, qui tiennent mal la chaleur. L’objectif est de réduire les incidents et de sécuriser les trajets.
Pourquoi des trains circulent-ils sans encombre en Inde ou en Afrique, où il fait souvent plus chaud ? Surtout parce qu’ils roulent moins vite. Pierre Plaindoux, du cabinet MC2I, l’explique : « la grande vitesse que l’on connaît en Europe nécessite une grande fiabilité des rails et une meilleure qualité de la voie, il ne doit pas y avoir le moindre écart ». Peu de trains atteignent là-bas les 320 km/h, allure habituelle en France, qui suppose des infrastructures sans défaut.
D’autres pays ont testé des solutions simples. En Grande-Bretagne et en Italie, une peinture réfléchissante appliquée sur les rails a fait baisser leur température de 5 à 10 °C, selon Antonios Kanellopoulos, de l’université du Hertfordshire. La France, elle, installe peu à peu des caténaires rigides sur « quelques dizaines de kilomètres à très fort trafic » pour pallier les défaillances des caténaires filaires.
Mesures prises et pistes pour l’avenir
En plus du retrait des Corail, la SNCF a renforcé la surveillance de la température des rails, de quoi déclencher des ralentissements dès que nécessaire. Ailleurs dans le monde, là où la main-d’œuvre coûte moins cher, ce suivi reste manuel. La SNCF étudie pour la suite le « placement de capteurs », afin de gérer tout cela de façon plus automatisée et réactive.
Cette canicule, qui reste « en forme de plateau pendant plusieurs jours et plusieurs nuits consécutives », rappelle la nécessité d’adapter les réseaux ferroviaires européens au climat qui change. La France n’est pas seule en cause : en Amérique du Nord, le rail fonctionne surtout au diesel, ce qui écarte les soucis de caténaires mais soulève d’autres problèmes environnementaux.


