Mauvaise nouvelle pour les vacanciers du Sud-Ouest : votre assurance ne couvre probablement pas ce que vous croyez en cas d’incendie

Incendies dans le Sud-Ouest : sans ordre d’évacuation préfectoral, votre remboursement n’est pas automatique. 168 000 personnes évacuées, des zones touristiques dévastées… et vos droits varient selon une seule clause de votre contrat.

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Mauvaise nouvelle pour les vacanciers du Sud-Ouest : votre assurance ne couvre probablement pas ce que vous croyez en cas d'incendie
Mauvaise nouvelle pour les vacanciers du Sud-Ouest : votre assurance ne couvre probablement pas ce que vous croyez en cas d’incendie © journaldeleconomie.fr

« Il faut toujours vérifier ce qu’il y a dans le contrat », a déclaré Thomas Gonçalves, juriste spécialiste du tourisme à l’Institut national de la consommation, à franceinfo. Sa mise en garde vaut pour tous les estivants qui, face aux incendies qui ravagent la Gironde, les Landes et le Var depuis plusieurs jours, envisagent d’annuler leur séjour par précaution : « Il n’y a pas de texte qui prévoit un principe de précaution qui permet au consommateur d’exiger un remboursement. » Dit autrement, sans ordre d’évacuation, le droit au remboursement n’est pas automatique.

Les deux grands incendies de fin juillet 2026 dans le Sud-Ouest ont entraîné l’évacuation de 168 000 personnes dans des zones très touristiques. En Gironde, plus de 14 000 hectares sont partis en fumée sur la presqu’île du Cap-Ferret ; dans les Landes, 2 600 hectares ont brûlé aux portes de Biscarrosse.

Les feux sont encore hors de contrôle au moment où ces lignes sont écrites. Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a appelé sur franceinfo les estivants à « attendre avant de se déplacer ».

Quand le remboursement est de droit

Si l’hébergement réservé a été détruit ou si la zone a fait l’objet d’un ordre de la préfecture, la situation est claire. Laurence Jégouzo, avocate au barreau de Paris spécialisée dans le droit du tourisme, le formule sans détour : dans ce cas, le contrat n’a plus d’objet et le client a droit à un remboursement intégral.

Même logique pour les personnes évacuées en cours de séjour : le remboursement est dû au prorata des nuits non consommées.

Pour les séjours tout compris incluant le transport, le Code du tourisme permet d’annuler sans frais lorsqu’un événement exceptionnel et inévitable sur le lieu de destination a des conséquences importantes sur la bonne exécution du contrat. En pratique, cela couvre bien le cas des incendies de cette ampleur, à condition que la zone soit directement touchée.

Si un hébergement alternatif est proposé par le prestataire, le client reste libre de l’accepter ou de demander un remboursement.

Transport acheté séparément : peu de marges de manoeuvre

La situation est nettement plus délicate pour ceux qui ont acheté leur billet d’avion ou de train séparément de leur hébergement. Au 25 juillet 2026, l’aéroport de Bordeaux restait ouvert et les vols n’étaient pas annulés : dans ce cas, la compagnie aérienne n’est tenue à aucun geste, même si le séjour prévu n’est plus réalisable.

Si un vol venait à être annulé en raison des incendies, la compagnie devrait rembourser le billet, mais sans versement d’indemnités supplémentaires.

SNCF Voyageurs a toutefois mis en place une mesure exceptionnelle : compte tenu de l’appel du gouvernement à reporter les déplacements dans le Sud-Ouest, les billets pour les voyages entre le samedi 25 et le lundi 27 juillet 2026 peuvent être échangés ou annulés sans frais. Hors de cette fenêtre, les règles habituelles s’appliquent : annulation gratuite jusqu’à sept jours avant le départ, avec retenue au-delà.

C’est dans la zone grise que se trouvent la majorité des vacanciers concernés : ceux dont le lieu de séjour n’a pas fermé, n’est pas évacué, mais se trouve à proximité des zones sinistrées ou dans une atmosphère dégradée par la fumée.

Laurence Jégouzo distingue deux situations : « Si la zone n’est pas endommagée et reste propice à des vacances agréables, les conditions d’annulation habituelles et prévues au contrat s’appliquent. En revanche, si les routes sont impraticables ou que la zone a perdu son intérêt touristique (fumées, nuisances persistantes), une annulation à titre exceptionnel peut être demandée. »

Un propriétaire n’est obligé de fermer son établissement que sur ordre de la préfecture. Sans cela, le remboursement dépend du contrat signé. Thomas Gonçalves précise toutefois une ouverture : si l’État intervenait pour demander aux habitants de rester chez eux, le vacancier pourrait invoquer cette intervention auprès du professionnel pour expliquer qu’il ne peut pas se déplacer et qu’il est donc dans l’impossibilité de remplir sa part du contrat.

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