Rodolphe Belmer, PDG du groupe TF1, a justifié lors d’une conférence de presse téléphonique la décision de ne pas acquérir les droits du Mondial de football 2026 en affirmant qu’il ne fallait pas investir dans un événement sportif à perte, aussi prestigieux soit-il, alors que TF1 en était le diffuseur historique, rapporte BFMTV.
M6 a finalement diffusé les matchs, pour une somme estimée à 120 millions d’euros selon des informations parues dans la presse, non confirmées par le groupe, et que M6 n’aurait pas su amortir par les recettes publicitaires générées.
Les résultats du premier semestre 2026, publiés le 27 juillet, donnent raison à Belmer sur le plan comptable. Le bénéfice net du groupe s’établit à 51 millions d’euros, contre 78 millions un an plus tôt. Le chiffre d’affaires consolidé tombe à 993 millions d’euros, soit un recul de 9,9 % sur un an, passant ainsi sous le seuil symbolique du milliard. Le chiffre d’affaires publicitaire recule de près de 9 % à 714 millions d’euros.
La concurrence directe du Mondial sur M6 a pesé sur les audiences des chaînes du groupe pendant plusieurs semaines. Mais Belmer pointe une cause plus profonde : « La baisse structurelle du marché publicitaire linéaire est amplifiée par l’environnement particulièrement instable pour les annonceurs en raison du conflit au Moyen-Orient. » La télévision traditionnelle perd des annonceurs, et TF1 estime que ce mouvement ne se renversera pas.
Le numérique comme relais de croissance
En parallèle, la plateforme de streaming TF1+ progresse de 18,6 % pour atteindre 109 millions d’euros de chiffre d’affaires publicitaire. Belmer a affirmé lors de la même conférence que « notre digital fonctionne très bien » et permet d’atténuer en large partie l’érosion du linéaire.
Trois axes structurent cette montée en puissance numérique. Depuis le 19 juin 2026, les abonnés Netflix en France peuvent accéder aux contenus de TF1+ directement depuis la plateforme américaine, via un onglet dédié qui restitue l’interface habituelle du groupe avec ses programmes.
- Parmi les contenus accessibles figurent le prime time de la Star Academy,
- les émissions en direct de Quotidien,
- les futurs matchs de l’équipe de France et la Coupe du Monde de rugby en 2027.
Depuis avril 2026, TF1 propose également de nouvelles offres publicitaires destinées aux PME locales, avec l’objectif de capter des annonceurs présents sur YouTube et les réseaux sociaux.
Une stratégie de micro-paiements, permettant aux utilisateurs de TF1+ de débloquer certains contenus ou services contre de petites sommes, complète le dispositif.
Sur la maîtrise des dépenses, le groupe a réduit son coût de programmes de 19 millions d’euros par rapport à l’année précédente, ramenant ce poste à 433 millions d’euros. Le résultat opérationnel courant des activités atteint 77 millions d’euros, que Belmer qualifie de niveau « supérieur aux attentes ». Ce choix d’économies, dit-il, « valide la pertinence de nos choix, la maîtrise de nos coûts de programme et le contrôle strict de nos dépenses ».
Malgré le recul des résultats, le groupe affirme maintenir ses objectifs pour l’ensemble de l’année 2026, qualifiant ces chiffres de « conformes aux objectifs annuels ». La Coupe du Monde de rugby, dont TF1 détient les droits, est prévue pour 2027.


