Elon Musk a affirmé que d’ici cinq ans, l’IA vaudrait à coup sûr 99 % de la valeur de SpaceX, et que la valeur de SpaceX serait alors un nombre astronomique. La phrase a été prononcée par Elon Musk le 11 août 2026, lors d’une allocution interne diffusée sur le compte X de SpaceX, dont il est le dirigeant, également patron de Tesla et de xAI.
Selon lui, cette bascule ne laisserait plus que 1 % de la valeur du groupe aux fusées, à Starlink et au reste des activités. Ces propos ont été rapportés par le média Journal du Coin.
Le chiffre d’affaires IA doit dépasser le spatial dès septembre
Musk situe précisément le tournant : il affirme que le chiffre d’affaires IA dépassera, c’est certain, tout le reste du chiffre d’affaires spatial, probablement en septembre, dès septembre 2026. Un écart encore plus marqué est attendu pour le quatrième trimestre 2026.
Les chiffres du deuxième trimestre donnent une idée de la trajectoire. SpaceX a enregistré un chiffre d’affaires total de 7,8 milliards de dollars, dont 2,6 milliards de dollars générés par l’intelligence artificielle, une hausse de 213 % sur un trimestre. L’IA pèse ainsi déjà près d’un tiers des ventes du groupe. En face, les dépenses en infrastructure IA ont atteint 16 milliards de dollars sur la même période, entièrement consacrées au calcul.
Anthropic et Google louent la puissance de calcul de SpaceX
L’entreprise ne se contente pas de vendre des places sur ses fusées. En mai 2026, SpaceX et Anthropic ont signé un accord permettant au créateur de Claude d’utiliser Colossus 1, un supercalculateur qui exploite plus de 220 000 GPU Nvidia. Un mois plus tard, en juin 2026, SpaceX a décroché un contrat de location de puissance de calcul avec Google, d’un montant de 920 millions de dollars par mois.
Starlink sert désormais de couche réseau aux calculs de xAI, rebaptisée SpaceXAI. SpaceX loue directement du temps de GPU à ses clients, vendant du temps de calcul plutôt que des places sur une fusée. La filiale décrit d’ailleurs son assistant, Grok Bot, comme un coéquipier hautement qualifié, capable, selon SpaceX cité par 01net, de travailler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec son propre ordinateur.
SpaceX a engagé sa pile IA sur l’architecture Vera Rubin de Nvidia. La capacité nominale de calcul atteignait 1,4 gigawatt fin juin 2026. L’objectif affiché est de 20 gigawatts d’ici fin 2027, ramené à « près de 15 gigawatts » en cas de retard. Passer de 1,4 à 10 puis 20 gigawatts en dix-sept mois reste un objectif qui reste apparemment à concrétiser.
Musk avance un calcul simple : atteindre 10 gigawatts dès fin 2027 pourrait générer entre 300 et 500 milliards de dollars de revenus annuels, à condition de gagner entre 30 et 50 dollars par watt de puissance de calcul. Un analyste externe, Ben Reitzes, de Melius Research, propose une estimation plus prudente : livrer seulement 2 à 3 gigawatts en 2027 suffirait déjà à ajouter 100 milliards de dollars de revenus à Nvidia, un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à 1 000 milliards de dollars dans un scénario haut.
Les résultats de Nvidia, attendus le 26 août 2026, serviront de premier test pour mesurer si la commande de GPU correspond à l’ambition affichée. Musk promet que l’argent dégagé par le calcul financera Starship et le programme martien. « Nous devons gagner la bataille de l’IA, parce que l’avenir sera massivement fait d’IA et de robots », a-t-il déclaré.
Dans la semaine du 14 août 2026, SpaceX a lancé son nouveau modèle Grok 4.6, qui marque une nette progression par rapport à Grok 4.5. Il serait désormais aussi performant que GPT-5.6 Sol, décrit comme l’IA la plus puissante d’OpenAI. SpaceX propose ainsi ses propres modèles sous la marque Grok tout en louant sa capacité de calcul à des sociétés tierces, un double positionnement.
À terme, SpaceX prévoit de mettre en orbite des satellites similaires à ceux de Starlink, embarquant des puces dédiées au calcul d’IA, pour exploiter l’énergie solaire de manière optimale. Le projet le plus lointain évoqué par Musk consisterait à créer des usines de satellites directement sur la Lune, avec un système de catapultage pour les mettre en orbite plutôt que des fusées classiques.






