Trump annonce une baisse des exercices militaires avec la Corée du Sud après son non-engagement dans le conflit en Iran

Trump réduit les exercices militaires avec Séoul pour ménager Kim Jong Un, furieux du refus sud-coréen sur l’Iran. Argent, dissuasion, alliés fâchés : que cache vraiment ce revirement diplomatique ?

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Trump annonce une baisse des exercices militaires avec la Corée du Sud après son non-engagement dans le conflit en Iran
Trump annonce une baisse des exercices militaires avec la Corée du Sud après son non-engagement dans le conflit en Iran © journaldeleconomie.fr

Donald Trump a annoncé, dimanche 16 août 2026 sur Truth Social, que les États-Unis allaient substantiellement réduire les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, rapporte la BBC. Le président américain justifie cette décision par sa très bonne relation avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

L’annonce tombe la veille du lancement de l’exercice Ulchi Freedom Shield, prévu sur onze jours avec environ 18 000 soldats sud-coréens. Trop tard pour l’annuler, a précisé Trump, qui a néanmoins qualifié ces manœuvres de coûteuses et de « signal totalement inapproprié et hostile » envers un pays qu’il juge, depuis son arrivée au pouvoir, non menaçant et respectueux.

Le président américain a relié explicitement sa décision au refus de Séoul de l’aider sur le dossier iranien. Sur Truth Social, il a raconté avoir proposé au président sud-coréen Lee Jae Myung de rejoindre les États-Unis dans la dénucléarisation de la République islamique d’Iran.

La réponse tenait en trois mots : « No thanks! » Devant les journalistes du Bureau ovale, lundi 17 août, Trump s’est agacé de ce refus, soulignant que les États-Unis avaient 39 000 soldats là-bas, qui protègent la Corée du Sud de Kim Jong Un, son voisin immédiat, et s’étonnant qu’elle n’aide pas les États-Unis sur une opération militaire très simple en Iran, trouvant cela étrange. Il a résumé sa position en affirmant qu’il voulait seulement de l’équité.

La question financière n’est pas anodine. Sous l’accord conclu avec l’administration Biden, la Corée du Sud doit verser 1,19 milliard de dollars en 2026 pour soutenir les 28 500 militaires américains stationnés sur son sol, selon le Congressional Research Service.

Trump rappelle que Séoul s’était engagé, durant son premier mandat, à payer 3 milliards de dollars par an, un engagement annulé sous Joe Biden. Une étude du Center for International Policy publiée en juillet 2026 évalue à 5,5 ou 6 milliards de dollars le coût annuel réel supporté par Washington pour ses bases et ses forces dans le pays.

La Corée du Sud n’est pas le seul allié visé. Trump a également critiqué le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, et annoncé réexaminer la relation des États-Unis avec l’OTAN, alliance dont il dénonce de longue date les dépenses de défense jugées insuffisantes chez certains membres.

Un rapprochement affiché avec Kim Jong Un

Moins de 24 heures avant son annonce sur les exercices, Trump avait publié une photo de 2019 le montrant avec Kim Jong Un dans la zone démilitarisée (DMZ), la barrière de 160 miles qui sépare les deux Corées. Malgré l’air peu amical sur cette photo particulière, a-t-il écrit, il y en avait beaucoup d’autres où ils souriaient, lui et Kim Jong Un s’entendant très bien. Le 17 août, il a affirmé que Kim lui avait répondu, sans préciser ni date ni canal.

Sydney Seiler, conseiller principal au Center for Strategic and International Studies spécialisé sur la Corée, tempère l’enthousiasme présidentiel. Des messages ont été envoyés, Pyongyang n’a pas répondu, note-t-il, ajoutant que Trump a eu beaucoup d’autres dossiers à gérer et ne semble pas pressé de courir après un régime dont rien n’indique qu’il soit réceptif.

En 2018, Kim avait déjà exigé un recul des exercices conjoints en échange d’un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles intercontinentaux. Trump avait alors entièrement suspendu ces manœuvres, les qualifiant de provocatrices, avant qu’elles ne soient de nouveau réduites en 2020 pendant la pandémie. La diplomatie entre les deux hommes s’était effondrée dès 2019.

Montgomery, coauteur de l’ouvrage Axis of Aggressors, se montre sceptique sur les intentions de la Maison-Blanche. Convaincre Kim Jong Un d’abandonner ses armes nucléaires relève de l’illusoire, estime-t-il, ajoutant qu’il n’y avait pas de prix Nobel qui attendait au bout de cet arc-en-ciel.

Séoul dit poursuivre les exercices comme prévu

L’ambassade de Corée du Sud à Washington a indiqué coordonner étroitement ses préparatifs avec les États-Unis, tout en espérant que la relation cordiale entre les deux dirigeants ouvre la voie à des discussions sur la paix dans la péninsule. La présidence sud-coréenne a de son côté annoncé que les manœuvres se dérouleraient comme prévu.

La Corée du Nord a mené, en août 2026, deux essais de missiles balistiques interdits par les Nations unies, détectés à quelques jours d’intervalle par Séoul, Washington et Tokyo. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a condamné les exercices conjoints comme « une répétition d’une guerre agressive ».

Le week-end précédant l’annonce de Trump, le président sud-coréen Lee Jae Myung avait pourtant appelé à des discussions pour mettre fin officiellement à la guerre entre les deux pays, techniquement toujours en conflit depuis l’armistice de 1953.

Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha à Séoul, doute du calcul présidentiel. Réduire ces exercices peut abîmer la coordination entre alliés et affaiblir la dissuasion en Asie, prévient-il, avant de trancher que les économies réalisées en réduisant les exercices étaient marginales, tandis que les bénéfices diplomatiques pour les relations avec la Corée du Nord étaient douteux.

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