Crash d’un avion militaire russe, des journalistes de guerre le reconnaissent comme un Tu-95

Un bombardier soviétique vieux de 70 ans s’écrase en Russie, six morts. Explosion de carburant ou défaillance technique ? La Russie ne compterait plus que deux douzaines de ces appareils capables de frapper l’Ukraine.

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Crash d'un avion militaire russe, des journalistes de guerre le reconnaissent comme un Tu-95
Crash d’un avion militaire russe, des journalistes de guerre le reconnaissent comme un Tu-95 © journaldeleconomie.fr

Un avion militaire russe Tupolev Tu-95MS s’est écrasé le mardi 29 septembre 2026 dans le village de Krasnoyarovo, dans la région de l’Amour, en Extrême-Orient russe. Le ministère russe de la Défense a confirmé l’accident, faisant état de six membres d’équipage tués et d’un blessé, évacué vers un établissement médical.

L’appareil effectuait un vol d’entraînement lorsqu’il s’est abîmé dans une zone inhabitée, peu après son décollage de la base aérienne d’Ukrainka. Selon les précisions données par le ministère, l’avion ne transportait aucune munition au moment du drame. Les médias d’État russes ont relayé l’information dès mardi, en citant le ministère de la Défense.

La cause probable du crash serait une explosion de carburant à bord de l’appareil. Les évaluations initiales privilégient toutefois une défaillance technique. Une commission des Forces aérospatiales russes a été dépêchée sur place pour établir les circonstances exactes de l’accident, selon l’agence Interfax. Les autorités russes ont par ailleurs ouvert une enquête criminelle.

Des vidéos non vérifiées, diffusées sur les réseaux sociaux et présentées comme montrant les conséquences du crash, font apparaître d’importantes quantités de fumée s’échappant de l’appareil en feu, accompagnées de bruits sourds et de crépitements en arrière-plan.

Un bombardier vieillissant, déjà visé par Kiev

Le Tu-95 est un grand bombardier datant de l’ère soviétique, capable de transporter et de délivrer des armes nucléaires. Son premier vol remonte à 1952, mais il n’a été mis en service qu’en 1956. Il reste le seul bombardier stratégique à propulsion turbopropulseur encore en service opérationnel, utilisé notamment lors d’exercices militaires de routine.

La base d’Ukrainka, d’où l’appareil accidenté avait décollé, est l’une des plus grandes bases russes de bombardiers stratégiques à long rayon d’action. Elle sert de point de repli pour les bombardiers survivants après l’opération ukrainienne Spiderweb, menée en juin 2025 par le service de sécurité ukrainien contre plusieurs bases aériennes russes.

Cette opération, qui a utilisé des drones FPV dissimulés dans des camions, avait détruit ou endommagé plus de quarante avions russes, dont sept à huit Tu-95. La base d’Ukrainka figurait elle-même parmi les cibles.

Fin août 2026, des combattants de l’unité spéciale Alpha du SBU avaient également frappé un porte-missiles stratégique Tu-95MS sur l’aérodrome d’Engels. La Russie ne disposerait plus, selon RBC-Ukraine, que d’au maximum deux douzaines de ces bombardiers capables de lancer des missiles de croisière contre l’Ukraine, une flotte dont la durée de vie opérationnelle décline.

La région de l’Amour, frontalière avec la Chine, avait déjà connu des accidents aériens meurtriers. En juillet 2025, un Antonov An-24 s’était écrasé près de Tynda en raison de mauvaises conditions météorologiques, tuant les 48 personnes à bord. En août 2021, un hélicoptère Mil Mi-8 s’était abîmé dans la péninsule du Kamchatka avec 16 personnes à bord, pour la plupart des touristes.

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