Argent liquide à la maison : quelle est la somme maximum que l’on peut garder chez soi

Un quart des Français planquent du liquide chez eux, parfois plus de 500 euros. Pratique en apparence, mais en cas de vol ou de contrôle fiscal, cette habitude peut coûter très cher.

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Argent liquide à la maison : quelle est la somme maximum que l'on peut garder chez soi
Argent liquide à la maison : quelle est la somme maximum que l’on peut garder chez soi © journaldeleconomie.fr

Selon une étude citée par la Banque de France, 26 % des Français conservent de l’argent liquide à leur domicile. Parmi eux, 23 % détiennent plus de 500 euros en espèces. Une pratique répandue, mais qui n’est pas sans conséquences en cas de vol ou de contrôle fiscal.

Cette habitude répond souvent à une recherche de liberté et de discrétion : contrairement à une carte bancaire ou à un virement, les billets ne laissent aucune trace automatique. D’autres y voient un attachement culturel à la monnaie sonnante et trébuchante, gage de simplicité et de sécurité pour ceux qui se méfient des outils numériques.

Voir et toucher sa réserve d’argent procure aussi, pour beaucoup, un sentiment de maîtrise budgétaire qu’un solde bancaire, jugé plus abstrait, ne procure pas.

Aucun plafond légal ne limite la somme qu’un particulier peut garder chez lui. Il est théoriquement possible de conserver une somme importante en liquide dans un tiroir. Cette liberté s’accompagne cependant de responsabilités, et surtout de risques concrets que la plupart des détenteurs sous-estiment.

Une somme difficile à justifier en cas de contrôle

Détenir des espèces n’est pas interdit, mais un montant significatif peut attirer l’attention lors d’un contrôle fiscal inopiné. L’administration peut juger suspecte une accumulation de liquide qui ne correspond pas aux revenus déclarés ou au train de vie observé. Il faut alors pouvoir justifier l’origine des fonds : épargne retirée d’un compte, héritage ou produit de la vente d’un bien.

Cette exigence s’inscrit dans la lutte contre le blanchiment d’argent et peut exposer le détenteur à des procédures longues et stressantes si les justificatifs sont insuffisants.

Le risque financier ne s’arrête pas là. En cas de cambriolage, les contrats d’assurance habitation couvrent rarement, voire pas du tout, les espèces conservées à domicile, selon une page d’information d’economie.gouv.fr. Même lorsqu’une garantie existe, elle reste souvent plafonnée à de faibles montants et assortie de conditions strictes. Conserver une somme importante chez soi expose donc fréquemment à une perte sèche, sans indemnisation à la hauteur du préjudice réel.

Il existe aussi un risque plus prosaïque : l’oubli. Une cachette insolite ou peu accessible peut faire perdre la trace de son propre argent. En cas de décès, ces sommes cachées ne sont parfois jamais retrouvées, ce qui pénalise les ayants droit et complique le règlement des successions.

Face à ces risques, la Banque centrale européenne recommande de ne détenir que 70 à 100 euros en liquide par personne, selon franceinfo. L’objectif est de couvrir les besoins de première nécessité d’un foyer en cas de crise soudaine, sanitaire ou géopolitique, ou de panne informatique généralisée.

Le cadre légal encadre par ailleurs strictement l’usage de ces espèces une fois qu’elles sortent du domicile. Un paiement à un professionnel reste plafonné, pour limiter les transactions échappant aux circuits bancaires. Et pour tout voyage hors de l’Union européenne, transporter une somme importante sur soi impose une déclaration préalable en douane, selon douane.gouv.fr.

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