L’Union européenne va suspendre, à partir de jeudi 3 septembre 2026, ses importations de volaille et de bœuf en provenance du Brésil. L’annonce a été faite lundi 31 août par la Commission européenne, qui reproche à Brasilia de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits aux règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage.
La mesure ne se limite pas à la viande. Les œufs et le miel brésiliens sont eux aussi concernés par cette suspension. Bruxelles n’a pas souhaité donner de calendrier précis pour la reprise de ces dernières importations.
Un audit en cours, des délais variables selon les filières
Pour la volaille et le miel, un audit est en cours et doit s’achever vendredi. S’il s’avère concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l’UE pourraient reprendre dans les semaines qui viennent.
Le bœuf risque en revanche d’attendre plus longtemps. Selon la Commission européenne, les délais dépendent de la durée des cycles de production, qui varie selon les espèces animales concernées. La date à partir de laquelle le Brésil pourra certifier sa conformité aux exigences européennes diffère donc d’une filière à l’autre.
Cette suspension intervient après un premier signal d’alerte. Le Brésil avait en effet été retiré en mai 2026 d’une liste européenne des pays respectant les règles de l’UE sur le recours aux antibiotiques en élevage. Ces règles interdisent l’utilisation d’antimicrobiens dans le but de favoriser la croissance des animaux ou d’augmenter les rendements, et proscrivent tout traitement avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines.
Elles s’inscrivent dans la lutte contre l’antibiorésistance : selon l’Organisation mondiale de la santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens tuent directement plus d’un million de personnes chaque année et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires.
La décision tombe aussi dans un contexte commercial sensible. L’Union européenne a signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, qui réunit l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Ce texte a été vivement critiqué par le secteur agricole et par la France, et la suspension des importations brésiliennes vise à donner des gages de vigilance de la part de Bruxelles dans ce climat de contestation.
Les volumes en jeu ne sont pas anecdotiques. En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur de viande bovine vers l’Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins expédiées, pour une valeur dépassant 713 millions d’euros.
Une porte-parole de la Commission européenne a tenu à souligner, dans une déclaration accordée lundi soir à l’AFP, que Bruxelles ne fermait pas la porte au dialogue avec Brasilia. « Le Brésil est un partenaire important de l’Union européenne et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences », a-t-elle affirmé, ajoutant que les exportations pourraient reprendre une fois cette conformité démontrée.
En attendant, c’est la filière du bœuf qui devrait patienter le plus longtemps, la durée des cycles de production selon les espèces animales concernées rendant toute certification rapide difficile à obtenir.




