Revolut a annoncé, lundi 7 septembre 2026, avoir réalisé en France « le premier paiement sécurisé initié par l’IA », rapporte Presse Citron. L’opération a été menée avec Visa, en conditions réelles, chez le commerçant Cleverbridge, un site marchand européen bien réel, avec de vraies données bancaires.
La transaction s’inscrit dans le programme Agentic Ready de Visa. C’est un agent de test développé par Visa, baptisé My Agent, qui a exécuté seul les différentes étapes d’un achat jusqu’à son règlement. Le paiement a mobilisé une carte Revolut française destinée aux particuliers, et son authentification a été assurée par la technologie Visa Payment Passkey, qui remplace le mot de passe par une validation biométrique. Selon Revolut et Visa, il s’agit de la toute première transaction agentique activée par ce protocole en France.
Un agent aux commandes, sous contrôle du client
La transaction s’est appuyée sur le système Visa Intelligent Commerce, qui utilise l’infrastructure de paiement existante : sécurité des cartes, contrôles d’identité, surveillance de la fraude en temps réel. Rien n’a été réinventé sur le plan technique, seule l’initiative de l’achat change de main, de l’humain vers la machine.
L’agent virtuel n’intervient qu’avec l’autorisation préalable du client, précise Revolut, qui insiste sur le fait que l’utilisateur reste pleinement maître de ses décisions. Le test s’est volontairement limité à des scénarios de paiement courants, le type d’achat qu’on effectue sans trop réfléchir. Une manière prudente d’avancer, dans un secteur qui cherche encore ses repères sur ce terrain.
Reste que plusieurs questions accompagnent ce genre d’expérimentation : le niveau réel de contrôle laissé à l’utilisateur à chaque étape, la capacité des banques à détecter une anomalie initiée par une machine plutôt qu’un humain, ou encore la responsabilité juridique en cas d’erreur de l’agent.
Quelques mois après Santander, la course à l’achat par IA
L’annonce arrive quelques jours après le déploiement d’AIR, l’assistant conversationnel intégré à l’application Revolut, et quelques semaines après l’obtention par la fintech britannique de sa licence bancaire en France. Revolut revendique 80 millions de clients dans le monde, dont 8 millions en France.
Ce n’est pas la première initiative du genre en Europe. La banque espagnole Santander avait ouvert la voie en mars, en réalisant avec Mastercard le premier paiement de bout en bout exécuté par un agent IA sur le continent. Entre grands réseaux de paiement, l’enjeu consiste à devenir la référence technique du commerce automatisé avant que ces usages ne se généralisent auprès du public.
Le terrain semble déjà préparé. Selon le Baromètre du numérique 2026 cité par Revolut, un Français sur deux utilise déjà un outil d’IA générative, un taux qui grimpe à 85 % chez les jeunes adultes. Ces outils servent surtout, pour l’instant, à comparer des prix ou orienter une décision d’achat. Le paiement serait l’étape suivante.
« Les paiements doivent évoluer avec ces nouveaux usages », a déclaré Béatrice Cossa-Dumurgier, patronne de Revolut pour l’Europe de l’Ouest et citée par Clubic. Pour Florence Mélique, dirigeante européenne de Visa, l’enjeu se situe ailleurs : « la confiance sera la véritable monnaie d’échange ».
Reste à savoir si les Français, déjà largement acquis à l’IA générative, seront aussi prêts à lui confier les cordons de leur bourse.





