Un écart de coûts qui s’accentue entre essence et électrique
En septembre 2026, le coût moyen mensuel pour circuler à l’essence en France s’élève à 137 euros, alors que pour les voitures électriques, il n’est que de 46 euros. Ces données, fournies par Roole Data le 5 septembre, illustrent une transformation significative de l’économie de la mobilité en France.
L’augmentation des prix du carburant n’est plus perçue comme une simple fluctuation temporaire. En effet, le litre de SP95 et de gazole reste au-dessus de deux euros, un seuil atteint il y a plusieurs mois. Cette situation redéfinit l’équilibre entre mobilité et pouvoir d’achat pour de nombreux foyers français.
Augmentation du coût de l’essence en six mois
Au cours du premier semestre 2026, le budget mensuel pour les véhicules à essence a grimpé de 25 euros, passant de 112 à 137 euros. Cette hausse de plus de 22 % impacte fortement les finances des foyers. Les voitures diesel connaissent également une hausse, leur coût mensuel ayant augmenté de 21 euros, atteignant 119 euros.
Les véhicules hybrides non rechargeables ne sont pas en reste, avec une augmentation de 20 euros de leur facture mensuelle en juin. En revanche, les hybrides rechargeables restent sous la barre des 100 euros, à condition de recharger régulièrement. Leur budget est de 88 euros mensuels après une hausse de dix euros.
La stabilité des coûts pour l’électrique
Les propriétaires de véhicules électriques bénéficient d’une grande stabilité, leur coût mensuel restant autour de 46 euros depuis août 2025. Contrairement aux carburants fossiles, ces véhicules ne sont pas affectés par les fluctuations du marché pétrolier.
En 2025, l’écart de coût était déjà en faveur de l’électrique, mais moins marqué. Une voiture à essence coûtait en moyenne 119 euros par mois, contre 94 euros pour un diesel et seulement 45 euros pour une électrique. En 2026, l’écart s’est creusé de manière significative, créant un fossé financier entre les différentes motorisations.
Pour les ménages parcourant de longues distances, la différence annuelle entre une motorisation thermique et électrique dépasse désormais 1 000 euros, un montant conséquent pour de nombreux foyers, notamment ceux aux revenus modestes.
Le rôle du détroit d’Ormuz dans la hausse des prix
Les tensions au Moyen-Orient, particulièrement autour du détroit d’Ormuz, expliquent en grande partie la hausse des prix. Ce passage maritime crucial pour le pétrole mondial est sous surveillance accrue. Les perturbations dans cette région influencent directement les prix du brut, qui approche les 95 dollars le baril.
La situation géopolitique tendue et la guerre au Moyen-Orient ont transformé cette crise énergétique en un phénomène durable. Les raffineurs européens, dépendants des importations de brut, répercutent ces coûts sur les prix à la pompe en France. Les analystes prévoient que les prix du pétrole resteront élevés jusqu’à fin 2026.
Perspectives de baisse des prix incertaines
Les conducteurs de véhicules thermiques espèrent une baisse des prix, mais les perspectives restent sombres. Tant que les tensions au Moyen-Orient persistent, les prix du pétrole resteront élevés. Les prix du carburant en France comprennent le coût du pétrole brut, les marges de raffinage, les coûts de distribution et une fiscalité importante.
Les contraintes budgétaires limitent la capacité d’action du gouvernement sur la fiscalité. La transition énergétique mondiale réduit les investissements dans le raffinage, provoquant des tensions sur l’offre. La demande en Asie reste forte, et les capacités de production de l’OPEP+ sont limitées, ce qui maintient les prix élevés.
Une transition accélérée vers l’électrique ?
Face à ces évolutions, de nombreux automobilistes envisagent de passer à l’électrique. Les ventes de véhicules électriques en France ont augmenté, encouragées par les coûts d’usage réduits. Cependant, des obstacles subsistent, notamment le coût d’achat initial élevé et les limitations de l’infrastructure de recharge.
Les coûts énergétiques directs ne sont qu’une partie de l’équation économique des véhicules. L’assurance, l’entretien et d’autres facteurs influencent la rentabilité globale. Les véhicules électriques offrent des avantages sur plusieurs de ces aspects, mais la transition vers l’électrique reste limitée aux ménages ayant les moyens d’investir.
Des inégalités sociales et territoriales exacerbées
L’augmentation du prix de l’essence accentue les disparités territoriales en France. Les habitants des zones rurales et périurbaines, dépendants de leur voiture, subissent de plein fouet cette inflation. Les professions nécessitant de nombreux déplacements sont également affectées.
L’électrique, bien que prometteur, reste inaccessible pour de nombreux foyers modestes. Le marché de l’occasion électrique en est encore à ses balbutiements, et les prix demeurent élevés. La transition énergétique du parc automobile français risque ainsi d’accentuer les inégalités sociales.
Les données de Roole Data, publiées le 5 septembre 2026, témoignent d’une mutation profonde du paysage automobile français. Le différentiel de coût entre thermique et électrique modifie durablement les comportements d’achat et d’utilisation des véhicules.



