Depuis son lancement, la guerre contre l’Iran a coûté 38 milliards de dollars aux États-Unis, selon une estimation du Bureau du Congrès pour le budget (CBO), rendue publique mardi 15 septembre 2026. Les calculs de cette agence budgétaire indépendante et sans affiliation partisane s’arrêtent début août 2026, soit cinq mois après le début des hostilités, le 28 février 2026.
Ce montant recoupe les déclarations faites en juillet devant le Congrès par le ministre de la Défense Pete Hegseth, qui évoquait alors un coût de 37,7 milliards de dollars. La facture globale couvre les munitions, l’équipement utilisé dans les combats et le coût croissant du carburant pour les forces armées.
Le CBO prévient surtout que la note va continuer de grimper. Si l’intensité du conflit diminue, elle s’alourdirait de 2 milliards de dollars par mois. En cas d’accélération des combats, comme observé ces dernières semaines, elle pourrait atteindre 3 milliards de dollars mensuels, les munitions concentrant la majeure partie de cette dépense.
Un stock de missiles intercepteurs déjà entamé entre la moitié et les deux tiers
Le seul remplacement des munitions déjà consommées dans ce conflit coûtera 21,7 milliards de dollars, selon le CBO. Le Wall Street Journal, qui a pu consulter le document, avance un montant proche de 22 milliards de dollars pour reconstituer les stocks de missiles : environ 7 milliards pour les missiles de croisière d’attaque terrestre, et 13 milliards pour les intercepteurs de défense antimissile.
Selon ABC News, le rapport estime que cette reconstitution pourrait prendre jusqu’à cinq ans, faute de matériaux et de main-d’œuvre suffisants. Ce déficit deviendrait, selon le document cité par la chaîne, particulièrement problématique face à un adversaire disposant d’un grand nombre de missiles balistiques et de croisière.
L’agence budgétaire s’alarme en particulier de l’état des stocks d’intercepteurs. En comparant les dépenses engagées et le nombre total de missiles achetés, elle estime que les États-Unis ont probablement utilisé entre la moitié et les deux tiers de leurs stocks de ces munitions depuis juin 2025.
Un constat qui confirme une pénurie que l’administration Trump avait largement refusé de reconnaître ces derniers mois, et que rejoint un rapport de l’inspecteur général du Pentagone publié lundi 14 septembre 2026, également inquiet des délais de reconstitution. Le Pentagone, de son côté, n’a fourni aucune donnée au CBO et n’a pas commenté ces chiffres auprès des médias américains.
Une facture qui pèse aussi sur l’inflation
Le CBO relève un effet sur les prix aux États-Unis, lié aux perturbations de l’approvisionnement en pétrole et en gaz depuis que Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce d’hydrocarbures. En s’appuyant sur l’indice PCE, l’agence a relevé de 0,5 point ses prévisions d’inflation pour le premier trimestre 2027 par rapport à ses estimations de février 2026.
L’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, a elle aussi été revue à la hausse, de 0,3 %. Une telle progression des prix entraînera mécaniquement une hausse des taux obligataires, selon le CBO.
Cette analyse fait suite à une demande de plusieurs parlementaires démocrates. Elle intervient alors que Pete Hegseth avait réclamé cet été 67 milliards de dollars de rallonge au Congrès pour poursuivre l’effort de guerre, malgré une impopularité grandissante du conflit.
Les frappes américaines ont repris en Iran le 1er septembre 2026, après un mois d’accalmie dans le détroit d’Ormuz et une période de négociations. Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a depuis écarté toute reprise des discussions avec Téhéran, « tant qu’ils persisteront à vouloir se procurer » l’arme nucléaire.






